

Focus L'entreprise canadienne CMC electronics est présente au salon International de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget. Ce spécialiste des cockpits peine à recruter de bons candidats. Explications.
Il devait y rester 2 ans. Et pourtant, cela va faire 21 ans que Jean-Marie Cégis travaille à Montréal en tant que directeur des organisations des vols électroniques chez CMC Electronics. L’entreprise canadienne est un des fournisseurs de Airbus, de Thalès et de Dassault aviation. Elle remplace par exemple les vieux cockpits des C-130 ou dans le détail, elle peut fournir des systèmes de navigation ou de communications. Tout en somme pour aider les pilote à la manœuvre. Au départ, quand elle est née en 1903, l’entreprise était dans les Telecoms, dans le filon des télégraphes. « Quand le Titanic a envoyé son signal de détresse, il est passé par les opérateurs Marconi, l’ancêtre de CMC », rappelle Janka Dvornik, directrice de communication de l’entreprise. Une manière de dire que cela fait plus d’un siècle que la compagnie travaille sur les nouvelles technologies et aussi de souligner la forte tradition en télécommunication ancrée dans la société.
« Nous recrutons des ingénieurs système ou des ingénieurs en logiciels expérimentés. Les Français qui viennent travailler chez nous ont souvent une expérience chez Airbus », poursuit-elle. Mais dans un milieu où les ingénieurs expérimentés sont très recherchés, pas toujours de trouver chaussure à son pieds. Alors, le recrutement touche aussi les jeunes diplômés. Et en la matière les Télécoms sont rois. « Ils viennent de Telecom Brest ou Telecom Paris. Je suis moi-même passé par cette dernière, souligne Jean-Marie Cégis. Les jeunes diplômés me contactent par le biais du réseau des anciens. Nous recrutons aussi dans les écoles généralistes mais très peu dans les universités. C’est une affaire de visibilité et de réseau. Nous peinons à identifier les cursus universitaires. »
Travailler au Canada apporte une bonne expérience. Une « expérience très agréable d’abord. Montréal est une ville cosmopolite. Et il y a des liens, rien que la langue, avec la France. Un élément qui rend la cité plus abordable qu’une ville américaine », avance Janka Dvornik. Ensuite, au niveau professionnel, il y a bien évidemment l’apprentissage en immersion de l’anglais mais aussi l’apprentissage des techniques de travail à l’américaine. Une bonne occasion, donc, si l’on est pas effrayé par le climat. « Un des salariés que j’avais recruté est reparti au bout de 4 ans à Toulouse pour travailler chez Airbus. Sa famille ne supportait plus les hivers très froids » raconte Jean-Marie Cégis.
Lucile Chevalier
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