

Focus Le taux de chômage a augmenté de 0,2 % en Ile-de-France, l’été dernier, pour atteindre les 8,3 %. La région renoue presque avec le 4e trimestre 2009, temps fort de la crise.
Le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services (Crocis) dresse un bien amer constat. L’emploi en Ile-de-France a renoué l’été dernier avec les vieux démons de la crise. « Au 3 e trimestre, dans un contexte où, une nouvelle fois, seule l’activité touristique a semblé échapper à l’atonie ambiante (manque de vigueur de l’activité dans les services et maintien à un niveau très faible de la confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs), les indicateurs d’emploi et de travail sont à leur tour passés à l’orange », mentionne l’organisme dans une étude publiée en janvier dernier.
La France plonge et l’Ile-de-France est entraînée dans son sillage. Et bien sûr cela ne sent pas très bon pour l’emploi. L’été dernier, entre juillet et septembre, ce sont 11 000 emplois salariés qui ont été détruits en région francilienne. C’est la première baisse depuis un an et demi.
Taux de chômage : 8,3 %
Le taux de chômage a suivi la démarche inverse, il a augmenté de 0,2 point « pour atteindre 8,3 %, soit un niveau proche de son dernier point haut au 4 e trimestre 2009 » rappelle l’étude. La crise repointe son nez et l’emploi renoue avec les pires moments de la crise amorcée en 2008. Le virage est pris et cela se lit dans tous les indicateurs de l’emploi.
Par exemple, les salariés du privé se portaient bien jusqu’à l’été. Sur les 6 premiers mois de l’année 2011, leurs rangs avaient grossi de 49 200 individus. Le taux d’emploi de cette catégorie de travailleurs n’était plus « inférieure que de 0,3 % à son point haut du 3 e trimestre 2008 » note le Crocis. Et puis patatras. « Ce redressement du marché s’est brutalement interrompu l’été dernier » poursuit-il. Au 3 e trimestre, l’Ile-de-France enregistre un repli de 0,3 %, et cela alors même qu’au niveau national, l’emploi salarié est resté stable.
Ensuite, il y a les demandeurs d’emploi qui eux à l’inverse ont augmenté. Pendant l’été, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A, soit ceux qui n’ont exercé aucune activité, a repassé la barre des 500 000. Le schéma est le même. Le printemps était porteur de plein d’espoir avec une décélération au printemps, et en été, virage conjoncturel, le nombre de demandeurs d’emploi est reparti à la hausse. Ils sont ainsi 31,6 % de plus qu’en septembre 2008, avant les dégâts occasionnés par la crise.
L’intérim, face à la déferlante, dépassé, ne joue que faiblement son rôle d’amortisseur. Le nombre d’emplois intérimaire dans la région a varié autour des 105 000 au 3 e trimestre. « Ce niveau semble constituer un plafond pour l’intérim dans la région depuis octobre 2010 » juge le Crocis.
L’été n’a pas été bon et l’automne ne devrait pas être meilleur. En novembre dernier, la demande d’emploi de catégorie A a augmenté en Ile-de-France de 1,4 %. Un rythme supérieur à celui de la France métropolitaine.
Lucile Chevalier
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