

Boîte à outils Deuxième volet de notre enquête sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Aujourd’hui, nous vous livrons six conseils de professionnels du recrutement pour mettre toutes les chances de votre côté. Crise ou pas, rechercher un emploi ne s’improvise pas. 6 conseils pour réussir votre entrée dans la vie active.
Le chômage peut augmenter mois après mois. Il n’empêche. Chaque mois, des personnes trouvent un emploi. La hausse du chômage traduit juste qu’il y a davantage de suppressions que de créations de postes. Alors, si la période est bien sûr angoissante pour les jeunes diplômés, il ne faut pas sombrer dans un pessimisme outrancier, ou pire dans un fatalisme aux conséquences auto-réalisatrices : le candidat qui pense que tout est perdu est, de fait, moins bien armé que celui qui croît à son avenir. Comment tirer son épingle du jeu en temps de crise ? Y’a-t-il des stratégies infaillibles ? Les réponses de nos experts.
Conseil n°1 : il n’y pas que les CDI dans la vie
Ce sont trois lettres qui font rêver, le Graal de la vie professionnelle : CDI pour contrat à durée indéterminée. Il procure a priori une plus grande sécurité. Pour un jeune diplômé, ce sera plus difficile d’en décrocher un cette année. Ne pas désespérer pour autant, car en attendant le précieux contrat dûment paraphé, il existe d’autres façons de travailler. Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France conseille ainsi de déposer sa candidature dans l’intérim, « un moyen d’acquérir une expérience significative et de renforcer les savoir-faire ». Selon lui, on ne trouvera pas de CDI avant six mois, et mieux vaut éviter de rester inactif. Les candidats confrontés à une situation financière difficile peuvent même accepter un « petit boulot » en attendant. Si vos moyens vous le permettent, et si cela correspond à vos engagements, n’hésitez pas à travailler dans une association. C’est aussi un excellent moyen d’acquérir une première expérience.
Conseil n°2 : mobiliser son réseau
Tous les emplois disponibles ne font pas l’objet d’une petite annonce. Il existe un marché gris, comme disent les professionnels du recrutement. Il regroupe toutes les offres qui sont pourvues grâce au bouche à oreille ou au réseau de l’employeur. Pour ce dernier, diffuser une petite annonce a un coût. Le nombre de chercheurs d’emplois augmentant, chaque offre reçoit davantage de réponses. Le traitement administratif des candidatures croît également. Cela coûte plus cher aux entreprises qui hésitent donc avant de publier une offre.
Répondre aux offres d’emploi ne suffit donc pas : mobiliser son réseau est aussi nécessaire pour faire savoir qu’on cherche du travail. « Il faut jouer sur le réseau des anciens, le réseau de son stage ou celui de ses parents », explique Amaury de Baudus, responsable des relations entreprises de l’Isen de Lille.
Le jeune diplômé à la recherche d’un emploi peut se sentir seul, mais il connaît beaucoup plus de monde qu’il ne le croît. N’hésitez pas à recontacter votre responsable de stage d’il y a deux ans. De même, vous avez travaillé dans un fast-food pour payer vos études et le manager avait un ami qui travaillait dans la société qui vous fait rêver aujourd’hui ? Appelez-le. A une condition : ayez une demande précise à formuler. Préparez cet entretien. Un réseau, c’est aussi un enseignant venu du monde professionnel, ou le père d’une amie…
Conseil n°3 : l’argent ne fait pas le bonheur
Tout vient à point pour qui sait attendre, prétend le proverbe. Ainsi en sera-t-il de vos prétentions salariales. Dans un marché atone comme le marché du travail actuel, ne comptez pas obtenir le même salaire que vos petits camarades qui ont obtenu le même diplôme que vous il y a 2 3 ou 4 ans. C’est sûrement injuste, mais c’est ainsi. Le salaire est un prix qui reflète l’offre et la demande à un moment donné. Plutôt que de refuser une offre avec un salaire qui vous semble trop faible, contournez l’obstacle. Ainsi, Susan Nallet, responsable de l’espace carrière du groupe Grenoble école de management conseille : « refuser un emploi pour un salaire plus bas de 3000 euros par an n’a pas de sens. Il vaut mieux accepter et demander une renégociation contractuelle, 6 à 12 mois après l’embauche ». Pourquoi ? Dans 6 à 12 mois, vous aurez fait vos preuves, alors qu’aujourd’hui, l’employeur qui vous recrute prend un risque. Il ignore quelles sont vos qualités et vos compétences.
Pour éviter les mauvaises surprises, précisez éventuellement ce qu’on attend de vous, pour pouvoir montrer dans 6 mois que vous avez atteint les objectifs que l’on vous a fixés. Et si l’employeur ne joue pas le jeu, vous pourrez toujours partir, fort de cette première expérience.
Comme le rappelle Jacqueline Gerbier, responsable du service emploi carrière du groupe ESC Chambéry, « plus que jamais, le jeune diplômé doit regarder au-delà du seul salaire. Il doit examiner la notoriété de l’employeur, les capacités de progression qui lui sont aussi proposées ».
Conseil n°4 : en profiter pour se former un peu plus
Si certaines formations sont réputées préparer de futurs professionnels, d’autres sont plus généralistes, moins qualifiantes. En un mot, l’ex étudiant n’a pas forcément entre les mains tous les outils pour l’entreprise. Autant le dire : ce sera plus difficile pour eux. La crise est un moment où les entreprises n’aiment pas prendre de risques. Entre deux candidatures, elles préfèreront la moins risquée.
Plutôt que de rester à ne rien faire, une formation complémentaire peut être un vrai plus. Ainsi, Olivier Gélis de Robert Half martèle : « les jeunes diplômés doivent améliorer leur niveau en anglais qui est trop souvent médiocre ». Six mois en immersion totale au Royaume-Uni (pas forcément à Londres) seront plus efficaces que six mois à chercher en vain à Montluçon.
Enfin, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez a indiqué le 28 août lors d’une conférence de presse, que 50 000 contrats d’accompagnement à la formation allaient être proposés à des jeunes de 16 à 25 ans. Renseignez-vous au bureau de Pôle emploi.
Conseil n°5 : chercher en groupe
Quel que soit son âge, l’ennemi principal du chercheur d’emploi est le découragement. Une seule solution pour garder le moral contre vents et marées : ne pas rester seul. L’inactivité forcée est une épreuve difficile qui conduit les personnes à s’interroger sur ce qu’ils valent. « Il faut éviter autant que possible de rester inactif, explique Christian Darantière, directeur délégué de l’association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (Afij). Mieux vaut ne pas rester seul devant son écran d’ordinateur ». Il conseille d’aller dans les locaux de son association. Regroupez-vous avec vos amis. Faites le point sur vos démarches, échangez vos expériences.
Conseil n°6 : ouvrir le champ de vos recherches
Etre en recherche active, ce n’est pas répondre à toutes les rares offres qu’on trouve sur Internet. « Un jeune qui veut devenir contrôleur de gestion en Ile-de-France doit se renseigner sur le métier et le marché, analyse Frédéric Avry, directeur de l’insertion professionnelle et de la responsabilité sociale de l’entreprise à l’école supérieur de commerce et management de Tours Poitiers. Il faut élargir ses possibilités et prévoir un plan B, voir un plan C ». Chercher un emploi, c’est aussi faire des candidatures spontanées. Il faut donc identifier les entreprises susceptibles de vous intéresser. Votre liste ne doit pas se limiter aux stars du CAC 40, les happy few dont on parle dans les journaux. Les jeunes diplômés ne doivent pas oublier « les PME de 200 personnes qui recherchent des cadres et qui ont du mal à embaucher », conseille Jean-Marc Idoux, directeur général d’HEI Lille.
Plus que jamais, soyez imaginatif, tentez, inventez. Les qualités que vous déploierez dans votre recherche d’emploi vous serviront aussi dans votre vie professionnelle. C’est en quelque sorte votre première mission. Bonne chance à tous.
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