

Chiffre clé Une entreprise sur 5 prévoit d’accroître ses effectifs en 2011, contre 14 % en 2010. Et la moitié s’inquiète d’une pénurie de talents, d’après une enquête du cabinet PwC.
Encore un signe de la reprise économique. Les patrons et DRH voient l’avenir en rose et, dans leur optimiste, envisagent de recruter. D’après une étude du cabinet PwC menée auprès de plus de 1100 entreprises en Europe et aux Etats-Unis, 20 % des entreprises françaises interrogées envisagent d’accroître leurs effectifs cette année. Elles n’étaient que 14 % à déclarer la même chose l’an dernier. La France n’est pas la seule à prévoir des embauches en hausse. La tendance est globale. 23 % des entreprises européennes et 28 % des entreprises américaines déclarent prévoir accroître leurs effectifs.
« Les perspectives de croissance se sont nettement améliorées pour les entreprises françaises. Plus important encore, cette hausse des intentions d’embauche n’est pas seulement un effet de rattrapage mais correspond également à des créations nettes d’emploi dans près de 40 % des cas », précise Daniel Giffard-Bouvier, associé People & Change, chez PwC.
Pénurie de talents
La machine redémarre et les inquiétudes se réveillent. Plus de la moitié des entreprises françaises estime qu’elles auront des difficultés à recruter des candidats disposant des compétences requises pour accompagner leurs projets de développement. La peur de la pénurie de talents est encore plus patente qu’en Europe, puisque 40 % des entreprises en moyenne partagent cette inquiétude. Aux Etats-Unis, les DRH se rassurent, seulement 27 % des entreprises s’inquiètent de cette difficulté.
La difficulté à attirer les talents s’avère même la principale préoccupation des DRH en France. Elle arrive devant la capacité à retenir et développer ces talents « alors que c’est l’ordre de priorité inverse qui s’affiche dans la plupart des autres pays », note l’étude.
Fidéliser les salariés
L’autre exception française se lit dans les outils à mettre en place pour fidéliser ses collaborateurs. 68 % d’entre elles souhaitent promouvoir la mise en place de modes de rémunérations différées, comprenant par exemple des mécanismes de rémunération indexés sur le cours du titre de l’entreprise, en action ou en espèce. Alors que seulement 52 % des entreprises européennes et américaines interrogées en moyenne envisagent le recours à ce type d’outil. A l’inverse, en France, contrairement à d’autres pays, les leviers non monétaires, comme l’élargissement des rôles et responsabilités dans l’entreprise, la flexibilité dans l’organisation du temps de travail ou encore les opportunités de travail à l’étranger, sont perçus comme moins prioritaires. Ils sont plébiscités par seulement 28 % des entreprises françaises contre 72 % en Grande-Bretagne.
Lucile Chevalier
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