

Focus A lire la dernière étude de l’Observatoire social de l’entreprise Ipsos, on se demande qui, des salariés et chefs d’entreprises, sont les plus pessimistes. Pour les uns comme les autres, 2012 s’annonce comme une année de vaches maigres. Ils ne croient pas à une reprise rapide d’activité.
Les salariés et les chefs d’entreprises sont, pour une fois, sur la même longueur d’onde : 2012 sera une annus horribilis. Tous broient du noir, et cela sur tous les sujets, montre la quatrième vague de l’Observatoire social de l’entreprise Ipsos, dont les résultats sont publiés aujourd’hui.
Parlez-leur d’avenir et vous verrez que la confiance est loin d’être au rendez-vous. Seulement 18 % des chefs d’entreprises interrogés anticipent une croissance d’activité dans les 6 mois à venir. Le clan des optimistes perd ainsi des adeptes. Ils étaient 21 %, lors de la dernière enquête Ipsos réalisée au 2 e semestre 2010, à prévoir une croissance de leur activité. A l’inverse, ils sont beaucoup plus nombreux (29 %, soit + 10 points) à penser qu’au cours des 6 prochains mois, leur activité va reculer de manière importante. Les moins confiants en l’avenir sont ceux du secteur de l’industrie (– 32 % anticipent une baisse d’activité ») et ceux du BTP (- 35 %).
36 % des salariés dans l’industrie anticipent une baisse d’activité
Et les salariés ne les contredisent que modestement. Ils sont aussi pessimistes. Le tout est dans la nuance car ils le sont un tout petit peu moins. Près d’un quart d’entre eux (24 %) envisagent une baisse d’activité dans leur entreprise, soit 10 points de plus que lors du précédent sondage. Et ici comme chez les chefs d’entreprises, les plus pessimistes travaillent dans le secteur de l’industrie (36 % anticipent un recul de l’activité). Les plus optimistes, à l’inverse, évoluent dans le commerce. Ils sont 35 % dans ce secteur à anticiper une hausse d’activité.
Salariés comme chefs d’entreprises se préparent donc à des temps sombres. Mais cette période de vaches maigres, et c’est d’autant plus déprimant, ils l’anticipent comme plutôt longue. « En moyenne, les chefs d’entreprise n’envisagent pas de reprise économique dans leur secteur d’activité avant presque deux ans (23 mois) », indique l’étude. Dans le milieu de l’industrie, les beaux jours sont encore repoussés à plus tard : 29 mois. Les salariés, une fois de plus, sont moins pessimistes que leurs patrons. Pour eux, la reprise n’interviendra pas avant 11 mois.
Le salaire, première préoccupation des salariés
Les choses s’inversent lorsque l’on se penche sur les conditions de travail à venir. Les chefs d’entreprises affichent alors un plus grand optimisme que les salariés. Ces premiers restent majoritairement optimistes sur le maintien de l’emploi dans leur entreprise (72 % ; + 1 point), le niveau de stress des salariés (57 %, - 6 point toutefois) et la possibilité d’offrir des formations à leurs salariés (56 %, + 7 points). Les salariés sont plus dubitatifs. Certes, une majorité d’entre eux (75 %) reste confiante sur le maintien de l’emploi dans leur entreprise, mais pour la formation (47 %) et le niveau de stress (38 %) c’est une autre histoire. Ils sont également particulièrement inquiets sur leur situation économique future. « Le niveau de salaire est leur principale préoccupation professionnelle pour les 6 prochains mois (cité en premier par 29 % des répondants) » note l’enquête. 2012 commence à peine que déjà l’on regrette 2011.
Lucile Chevalier
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