

Cas pratique Ce n’est pas parce que les embauches marquent le pas que les salariés en poste n’ont aucune opportunité d’évolution. Au contraire. En 2009, les entreprises miseront sur leurs ressources internes. Nos conseils pour en profiter.
Il suffit d’écouter une émission de radio ou de regarder un journal télévisé pour s’en convaincre : la crise est partout et chahute tout ou presque. Pourtant, en matière de développement de carrière, les points fixes, les états permanents sont plus nombreux que les changements radicaux. « 2009 aura assurément des incidences sur l’emploi et donc sur les progressions de carrières, explique Loïc Cadin, professeur en gestion des ressources humaines à l’ESCP-EAP. Mais, il faut aussi se souvenir d’une chose : en France, l’ancienneté moyenne d’un salarié dans une entreprise est de 10 ans. Cette moyenne est de 6 ans aux Etats-Unis. Et cela quelle que soit la conjoncture. C’est une stabilité culturelle et institutionnelle ». De multiples raisons expliquent notre stabilté : la législation du travail, les conditions d’accès au logement, les difficultés et les coûts d’un déménagement… Pas facile d’être mobile.
Un modèle français peu favorable à la mobilité externe
Ce modèle français explique aussi pourquoi il est préférable pour un salarié de rester dans une entreprise longtemps que de changer souvent d’entreprises en se louant au plus offrant. En France, le contrat de travail est signé entre un employé apportant sa loyauté et ses compétences et une organisation offrant une sécurité et des perspectives d’évolution. Alors, même si les salariés français ont intégré le discours sur l’importance de la mobilité, même s’ils ont leur CV prêt à être envoyé, même s’ils sont à l’écoute des autres employeurs, ils franchissent rarement le pas. Un exemple ? En 2006, 6 % des cadres ont changé d’entreprise dans l’année et 22 % ont connu une mobilité à l’intérieur de leur propre entreprise. La mobilité interne en France est le véritable moteur de la progression de carrière. Et quand la situation est défavorable, les salariés partent encore moins et privilégient davantage la mobilité interne. Aucune raison pour que cela change en 2009.
Pour progresser pendant la crise, il faudra, cependant, avoir une attitude proactive. « Des opportunités vont se développer, précise Philippe Guyard, consultant senior en ressources humaines à la Cegos, le principal organisme français de formation. Les entreprises, surtout lorsqu’elles n’ont pas les moyens de recruter, doivent quand même subvenir à leur besoin ». C’est une chance que doivent saisir les salariés en place.
Cela devrait pousser les employeurs à développer la formation et l’accompagnement de leurs salariés. « Le Droit individuel à la formation permet de disposer de 20 heures de formation par an, explique Laurent Mahieu, secrétaire national de la CFDT cadres et administrateur de l’Apec. Cela représente, pour quelqu’un qui ne les a pas utilisé depuis 2004, entre 80 et 100 heures de cursus. Le salarié devra réfléchir à comment articuler ces cours, le développement de ses compétences et la reconnaissance de son entreprise ».
Améliorer ses compétences pour progresser
Cette période de crise sera aussi l’occasion pour les salariés de faire le point sur leurs compétences. Rencontrer un conseiller extérieur comme à l’Apec est une bonne façon de lutter contre la crise. C’est un moyen de faire le point sur sa carrière, de trouver comment rebondir et de savoir comment son profil est considéré par le marché du recrutement.
Les partenaires sociaux sont aussi en négociation pour développer de nouveaux outils de carrière. Ainsi, le bilan d’étape professionnel devrait permettre à l’horizon de 2010 de faire un travail/bilan d’étape par les salariés tous les 5 ans.
Reste que l’année 2009 pourrait donc être un bon cru pour le développement de carrière de ceux qui sauront se former et développer leurs compétences. « Il faut développer les compétences demandées par le marché, précise Arnaud Mennechet, auteur de « Savoir se vendre pour réussir sa carrière » et DRH de l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI). C’est-à-dire connaître son marché via son réseau, peaufiner sa présentation, actualiser en permanence son CV et se former aux techniques recherchées par son métier ».
La semaine prochaine : le quatrième volet de notre enquête sur les perspectives 2009 : quelles perspectives en matière de formation ?
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Gwenole Guiomard
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