

Focus La nouvelle étude « What’s working » du cabinet de conseils Mercer a de quoi surprendre. Si les salariés sont globalement plus confiants dans leur entreprise sur la manière de surmonter la crise, ils sont plus nombreux à vouloir la quitter.
« 30 % des salariés français songent à quitter sérieusement leur entreprise » avance comme chiffre, le cabinet de conseil Mercer, à la suite d’une étude réalisée au cours de ces six derniers mois auprès de 2 000 salariés français. « Soit 57 % de plus qu’en 2007 ! » poursuit-il. La rupture entre employés et employeurs est bien consommée. Mais ce désamour ne s’arrête pas là. Les salariés se sont éloignés et ils sont moins liés à leur entreprise. La moitié d’entre eux seulement, soit 11 % de moins qu’en 2007 « ressentent encore un fort attachement à leur entreprises ».
Près de la moitié estime que son entreprise est bien gérée
Pourquoi ? La crise passe peut-être par là. Ils sont plus que 53 % à penser que « le niveau de sécurité de l’emploi dans leur entreprise est aussi bon que celui des entreprises de leur secteur », soit 12 % de moins qu’en 2007. Peut-être estiment-ils que leurs entreprises a été mal gérée pendant la crise, que la direction a pris de mauvaises décisions entraînant tout le monde dans le mur. Déçus, ils veulent rompre. Et bien non, ce n’est pas cela. Ils sont 12 % de plus qu’en 2007 à croire à la réussite future de leur entreprise (57 % en 2011). Et 47 % estiment que leur entreprise est bien gérée, soit 10 points de plus qu’en 2007.
31 % pensent que la relation rétribution et performance est bonne
Peut-être alors qu’ils se sentent délaissés, moins écoutés par leurs supérieurs. Mauvaise pioche : ils sont 44 % à estimer avoir plus de contacts avec leur managers direct (soit 15 % de plus qu’en 2007). Ils sont 11 % de plus à penser que « leur manager les encourage à se former », 30 % de plus à estimer que « leur entretien d’appréciation leur a été utile ». Ils sont 19 % de plus à penser que leur entreprise « fait un bon travail pour développer les gens ».
Alors quoi, le salaire ? Même pas. Ils sont 31 % de plus à estimer que « la relation entre leur rétribution et leur performance est bonne ».
La perte d’autonomie
Mais alors pourquoi sont-ils plus nombreux à vouloir partir ? « Un double phénomène de fond explique l’essentiel de ces résultats : malgré un certain flottement perçu chez le leadership, les salariés estiment que leur entreprise est plus efficiente qu’avant la crise, et qu’ils sont eux-mêmes mieux gérés. Mais les salariés estiment payer le prix de l’efficience sous la forme d’une forte perte d’autonomie et du sentiment d’accomplissement », explique Eric Sarrazin, responsable « Talent Management » chez Mercer. Le taux de satisfaction concernant « la flexibilité dans le travail » chute de 15 %. Ils ont aussi l’impression d’être moins maître de leur travail. Alors qu’ils étaient 82 % à être satisfaits de leur capacité « à prendre les décisions nécessaires dans leur travail », ils ne sont plus que 61 % en 2011. Et concernant le « sentiment d’accomplissement », 58 % le ressente contre 71 % en 2007.
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