

Focus En période de crise, les salariés les mieux formés sont relativement mieux protégés. Profitez des avancées de l’accord conclu par les partenaires sociaux pour améliorer vos compétences en 2009. Pour convaincre des responsables qui douteraient, soyez pro actifs.
S’il est un secteur qui ne devrait pas trop souffrir de la crise, c’est bien celui de la formation continue. Que vous soyez au chômage partiel ou total, en poste ou en situation de mobilité, avoir des connaissances à jour vous sera plus que jamais indispensable. Pour traverser la crise, rien ne vaut une employabilité renforcée.
Ce que la l’accord sur la formation continue devrait changer
2009 n’était pas de toute façon une année comme les autres, nouvel accord sur la formation continue oblige. Conformément à la volonté du gouvernement – et du président de laRépublique –, la principale nouveauté est la création du fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. Ce dernier, si on en croît les déclarations des uns et des autres, permettra de financer la formation de 500 000 salariés supplémentaires et de 200 000 chômeurs. La demande de l’exécutif était simple : la formation doit profiter davantage à ceux qui en ont le plus besoin (salariés de PME, salariés sans ou avec une faible formation initiale…).
Autre nouveauté contenue dans l’accord : le droit individuel à la formation (Dif). La portabilité des droits devrait être renforcée, notamment en cas de chômage suite à une rupture du contrat de travail. De même, en cas de changement d’entreprise, le salarié pourrait utiliser ses droits avec l’accord de son nouvel employeur pendant deux ans.
Enfin, la question de la fusion ou plus exactement de la coordination du Dif et du Cif a été posée. Pour l’heure, rien n’a été décidé.
Tout dépendra in fine de Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi. Il proposera un projet de loi reprenant les conclusions du projet d’accord d’ici à la fin du premier semestre.
Parmi les nouveautés de l’accord, Jean Wermaëre, président de Demos (qui compte 30 000 entreprises clientes) et de la fédération de la formation continue (FFC), pointe « la demande faite aux organismes paritaires de collecteurs agréés (OPCA) d’être plus actif auprès des petites et moyennes entreprises, pour qu’elles prennent conscience de la nécessité de former ».
Cela suffira-t-il à convaincre les chefs d’entreprise ? De nombreux freins demeurent en effet, parfois en contradiction avec la réalité. Ainsi en est-il de la crainte de voir le salarié partir, alors qu’un salarié formé est plus fidèle. D’autres rechignent à former le salarié, craignant qu’ensuite il exige un salaire plus élevé, oubliant que le salarié plus compétent rapportera aussi davantage à l’entreprise.
Construisez et vendez votre projet
C’est un conseil que donnent d’ailleurs tous les professionnels. Le salarié qui veut suivre une formation doit être d’autant plus proactif que ses supérieurs doutent de l’intérêt de la démarche. Il doit démontrer la plus value qu’apportera la formation dans un contexte où les deniers de l’entreprise sont dépensés avec parcimonie. Convaincre qu’une formation n’est pas une dépense mais un investissement qui profitera à l’entreprise, en améliorant votre performance individuelle. Pour cela, n’hésitez pas à montrer que la nouvelle compétence que vous voulez acquérir n’est pas un caprice mais un savoir-faire qui aura des retombées positives pour votre employeur.
Cette démarche montre que votre souhait de formation s’accompagne d’une vraie connaissance de votre emploi actuel, que vous avez réfléchi à des pistes d’amélioration. Sans oublier que plus une formation a un coût élevé, plus il faudra présenter un dossier argumenté. Pour décider, votre employeur écoutera certes votre motivation mais il devra aussi décider si vous êtes le mieux placé pour bénéficier de ce surcroît de savoir-faire. Comme l’explique Sébastien Terral qui a longtemps dirigé l’activité formation de Hertz en France (voir encadré) : « un MBA de 50 000 euros est réservé aux hauts potentiels. On ne peut pas le proposer à tout le monde ».
Pour le Dif, les choix sont par définition plus ouverts, puisqu’il s’agit d’un droit individuel. C’est même sa raison d’être : permettre aux salariés de suivre une formation qui lui serve personnellement. Toutefois, là aussi, mieux vaut améliorer son employabilité grâce à un stage de langues ou une formation pour apprendre à améliorer sa communication personnelle.
Bien formé, vous serez plus à même de rebondir quand l’activité reprendra…
Christophe Bys
Sébastien Terral, responsable formation chez Hertz parle vrai. Longtemps responsable pour la seule France, il supervise désormais plusieurs pays, ce qui lui permet d’en voir les spécificités. « La France est le seul pays que je connaisse où la formation est réglementée. Ailleurs ce n’est pas obligatoire. Toutefois, la loi va dans le bon sens, elle ne nous gêne pas.
La seule chose compliquée à gérer est le Dif qui n’est pas simple à intégrer dans nos plans de formation. La DRH de notre groupe est située en Irlande, c’est difficile de lui expliquer cette particularité. Le plus gros de l’effort de formation vise à faciliter l’intégration des salariés pour diminuer le taux de turn-over de nos chargés de clientèle. Cela a un coût annuel très important. La formation est un vrai investissement ».
Prochain article : quelles relations sociales en 2009 ?
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Les solutions pour financer sa formation continue à moindre coût, via des subventions mais aussi en choisissant l’Université. Enfin, nous revenons sur la question du retour sur investissement de la formation. Un moyen qui permet de maximaliser ses études.