

Focus Près de 6 diplômés sur dix se déclarent attachés à leur établissement. Ce lien se monnaie, car plus de la moitié des anciens est prête à soutenir financièrement un projet de leur école ou université. De bonnes intentions rarement concrétisées.
Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, il n’est pas rare de voir une stèle édifiée ou une aile d’un bâtiment rebaptisée au nom d’un généreux donateur. Le bienfaiteur est bien souvent un ancien, un diplômé ou alumni selon le jargon américain, qui, se remémorant ses années d’étudiants à bûcher avec ses camarades ou ses conversations avec ses anciens professeurs, garde un fort lien avec son ancien campus et n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour soutenir le lieu de ses souvenirs. C’est d’ailleurs une tradition très ancrée. Dans les pays anglo-saxons, les dons des anciens constituent le vivier le plus important de financements privés des établissements supérieurs.
En France, les dons d’entreprises prédominent
En France, on y pense et même de plus en plus. Pour jouer dans la course internationale des meilleurs écoles ou universités, il faut bien évidemment des sous pour construire un laboratoire, développer un projet, faire appel à des professeurs à la réputation internationale. Les établissements français le savent et se tournent de plus en plus vers des fonds privés. Mais jusque-là, ils profitaient essentiellement des dons d’entreprise. Pourquoi ne pas se mettre à la mode anglo-saxonne et faire appel aux anciens ? C’est la question posée par le baromètre Alumni * réalisé par l’institut de sondage Opinionway, et publié en fin de semaine dernière. Et cette étude montre qu’il existe bien un créneau.
La moitié des anciens prête à faire un don
Même si cette pratique est loin d’être traditionnelle sur nos terres, elle est loin de soulever des boucliers d’opposition. Seulement 18 % des sondés se déclarent opposés au principe. A l’inverse, près de la moitié des anciens (47 %) et 60 % des étudiants pensent que le don est un bon moyen de favoriser la qualité de l’enseignement et de la recherche des écoles et des universités.
Et ils seraient même prêts à le faire. Eux-aussi, comme les Américains ou Anglais, pensent avec nostalgie à leurs années étudiantes. 6 anciens sur dix se sentent ainsi attachés à leur établissement. Et 46 % aimerait même renforcer les liens avec ce dernier. Et ils ne lui veulent que du bien. Ils sont même prêts, pour 51 % d’entre eux, à mettre la main à la poche pour aider leur ancienne école ou université à développer des projets.
7 % le font
Que de bonnes intentions. Mais en réalité, très peu franchissent le pas, très peu signent le chèque. Seulement 7 % des sondés ont déjà effectué un don en faveur de leur institution. Comment expliquer ce décalage entre intentions et actions concrétisées ? Parce qu’on ne leur a pas demandé. Plus de 8 anciens sur 10 (et même 86 % dans les universités) assurent n’avoir jamais été sollicités. Ils peineraient aussi à soutenir un projet, s’ils n’ont pas connaissance de ce dernier. 33 % des anciens des universités, 64 % des diplômés en école d’ingénieurs et 80 % en école de commerce déclarent être bien informés des évolutions, des projets de leur institution. Et pourtant, ils sont demandeurs, 35 % des anciens vont jusqu’à se renseigner régulièrement auprès de leur ancienne école.
Lucile Chevalier
* Sondage réalisé à partir d’un échantillon de 601 personnes diplômées de
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