

Focus En 2011, le salaire médian des ingénieurs était de 52 970 euros brut par an. Les experts et les managers sont les mieux payés tout comme les spécialistes des secteurs de pointe, précise une nouvelle enquête du cabinet de recrutement Michael Page.
La France compte 722 500 ingénieurs d’après le recensement du Conseil des ingénieurs et scientifiques de France (CISF). Et cette profession, c’est le moins que l’on puisse dire, est plutôt préservée de la crise. Début 2011, seulement 4,5 % des ingénieurs connaissaient le chômage. Plutôt faible. Encore mieux, c’est un point de moins, qu’en 2010. C’est, en effet, à partir de 2010, que le marché de l’emploi des ingénieurs a rebondi, est sorti de la crise amorcée en 2008. « Les entreprises industrielles ont cherché tout d’abord à retenir leurs talents mais aussi à renforcer leur expertise en vue d’une reprise », explique le cabinet de recrutement Michael Page dans une nouvelle étude. Le marché de l’emploi a rebondi. Toutefois, concernant les salaires, pas de rebond extraordinaire, pas d’explosion des rémunérations. Le salaire médian des ingénieurs s’établit à 52 970 euros bruts annuels.
2011 reste dans la même veine que 2010. Rien de vraiment nouveau sur les bulletins de paie. Enfin, tout dépend. La chasse aux talents perdure et certains ingénieurs peuvent tirer leur épingle du jeu. « Les profils managériaux restent bien sûr très prisés sur le marché, mais nous avons constaté que ce sont les profils d’experts qui ont le plus profité de cette tendance » complète Michael Page. Pour 2012, tout est encore bien incertain. Certes, comme le souligne Nicolas Leroy, directeur de la division Ingénieurs au sein du cabinet de recrutement, « les secteurs comme l’énergie, mais aussi le ferroviaire ou l’aéronautique se montrent particulièrement dynamiques. » Bon présage. Pour y voir un peu plus clair, pour que les DRH puissent revoir leur grille de salaires et que les candidats sachent leur valeur sur le marché, Michael Page a publié hier, une étude analysant 29 fonctions. Voici quelques fonctions qui montent.
Les fonctions de management
Comme le souligne Michael Page, les compétences de management paient. Un directeur industriel, dans le haut de la pyramide, s’en tire très bien au niveau de la rémunération. Logique, son profil est rare : expert et manager à la fois. Il doit assurer la gestion de l’ensemble des sites de production. Son profil : bien sûr avoir suivi un cursus d’ingénieur qui peut avoir été complété par un 3 e cycle en gestion, c’est toujours mieux. Il doit avoir 20 ans d’expérience au compteur, s’il veut espérer décrocher le poste. Sa rémunération, selon son expérience et le chiffre d’affaires de l’entreprise oscille entre 80 000 et 180 000 euros bruts par an.
Un directeur d’usine s’en tire aussi très bien. Pour accéder à ce poste, il faut « au moins 10 années d’expérience dans un environnement industriel à un poste de manager opérationnel » souligne l’étude. Sa rémunération est plutôt confortable entre 60 000 et 200 000 euros bruts par an, selon les années d’expérience et le nombre d’effectifs qu’il a à gérer. Et encore, cette rémunération ne prend pas en compte les avantages en nature, comme la voiture de fonction.
Les experts
Après la rolls des métiers d’ingénieurs, il y a les experts qui sont grandement chassés sur le marché de l’emploi. Un expert en consommation d’énergie peut espérer un salaire grimpant jusqu’à 50 000 euros bruts. « Peu de candidats aujourd’hui disposent réellement de plus de 5 ans d’expérience à ce type de poste » constate Michael Page. Alors, pour ceux qui ont ces 5 années ou plus au compteur, c’est une véritable chance. Ils sont très prisés.
Les secteurs clés
Le poste en or, c’est chef de projet dans le secteur automobile, ferroviaire ou aéronautique. « Les rémunérations évoluent à la hausse, compte tenu de l’intérêt de tous les secteurs de l’industrie pour cette fonction » indique l’étude. La rémunération de ce type de poste oscille entre 35 000 et 90 000 euros bruts par an.
Les énergies renouvelables apparaissent aussi comme le bon filon. Le chef de projet EnR est chargé de créer et gérer un parc de production d’électricité d’origine éolienne, solaire, biomasse ou biogaz. Ici, pour gagner plus, il faut gagner en expérience dans le secteur. Et les candidats expérimentés sont rares et donc particulièrement chassés. « Des candidats ayant plus de 5 ans d’expérience dans le même secteur, avec un portefeuille de projets ou de contacts concrets à développer peuvent voir leur rémunération évoluer au delà des 60 000 euros bruts annuels », a constaté Michael Page.
Lucile Chevalier
L’étude complète est disponible encliquant ici.
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