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8. Savoir reconnaître une entreprise « ingénieuro-accueillante »

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Comme tous les salariés, les ingénieurs souhaitent travailler dans des entreprises accueillantes. Comment alors les repérer ? Il faut croiser les sources expliquent deux experts.

C’est certes un symbole. Mais il est très significatif. Quand on analyse les différents palmarès des entreprises où il fait bon vivre, rares sont les sociétés industrielles. «  Dans ce milieu, on se met moins en avant, commente Patrick Dumoulin, directeur France de Great place to work, l’un des classements d’entreprises majeurs en France et dans le monde. Les industries sont réticentes à faire parler d’elle-même, d’expliquer ce qu’elles font pour leurs salariés. Pourtant, c’est important pour attirer les meilleurs éléments. Il faut être séduisant pour qu’un Centralien choisisse d’aller dans une entreprise industrielle ».

Or, de nombreuses entreprises de l’industrie et de l’ingénierie sont devenues plus prudentes dans l’embauche de leurs ingénieurs. Comme le souligne l’étude Hays de 2012 sur le secteur, les employeurs, au 2e semestre 2011, ont rallongé leur processus de recrutement, privilégiant aussi la mobilité interne pour s’assurer de la valeur d’un candidat pour un poste … Mais les candidats sont eux aussi devenus plus sourcilleux. Ils sont « plus sur la réserve vis-à-vis des entreprises et souhaitent une vraie visibilité. Ils s’assurent de leur santé financière et questionnent beaucoup sur la stratégie de l’entreprise avant de s’engager. Même si l’intérêt de la mission et la rémunération sont pris en compte, les candidats restent très soucieux de l’ambiance de travail et des valeurs de leurs futurs employeurs » a observé le cabinet de recrutement.

 

Prudent par la force des choses

David * fait parti de ces ingénieurs devenus, par la force des choses, plus prudents. Jeune diplômé, sorti d’une école spécialisée dans les télécoms, il a choisi la « voie de la facilité en intégrant une SSII. J’avais des rêves plein la tête. A l’école, on ne cessait de nous répéter que l’ingénieur était au centre de l’entreprise, qu’il avait un vrai pouvoir décisionnaire. A l’entretien d’embauche, la boîte mettait en avant son désir de développer le conseil, ce qui justement m’intéressait. J’étais hyper motivé. Au final, le premier jour, le manager m’a briefé en dix minutes, puis m’a dirigé vers un commercial. Ce dernier a pris mon CV, a regardé les missions disponibles et m’a casé. Aucune question ou intérêt pour ma personne, je n’étais pas vu comme un potentiel mais comme une simple ressource. Et pour le conseil, il s’est avéré qu’il y avait très peu de missions voire pas du tout. » Bref, David est parti très rapidement voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Et c’est le cas.

 

Des entreprises qui soignent leurs ingénieurs

Car beaucoup d’entreprises savant soigner leurs ingénieurs. Certaines, comme le fabricant de chocolat Valrhona, ont créé un comité Ressources humaines. Son but, en concertation avec la direction générale, est de réfléchir sur le plan de carrière de chaque salarié, ingénieurs compris. Cela permet de proposer des formations et de des mobilités de façon individuelle. Avec de telles initiatives, se sentant valorisé, David* ne serait sûrement pas parti.

Le spécialiste des logiciels Microsoft pour retenir ses employés a une autre méthode : il attribue des actions gratuites à ses employés. En 2010, 92 % des « microsoftiens » ont reçu des actions gratuites afin de valoriser leur travail sur le long terme.

Mars petcare & foods, quant à elle, mise sur le management et son programme « Make the difference ». L’idée est de soutenir l‘innovation, les initiatives et l’excellence du management. Tous les 2 ans, des prix sont distribués aux managers. D’autre part, cette même entreprise permet à chacun d’adapter son travail avec des horaires variables allant de 6 h à 19 h avec l’obligation d’être présent entre 9 h et 15 h.  

Un groupe d’aéronautique, ou pour être plus précis, le service dans lequel travaille Perrine *, 26 ans, aurait, à l’entendre, un grand besoin de ce type d’initiative. Le problème n’est pas les horaires, mais pour le management, il y a beaucoup à faire. « Les managers ne jouent pas leur rôle. Ils ne font pas le filtre entre les décisions de la direction et les équipes. Ils sont comme des passe-plats. La direction dit, ils transmettent. Les ressources ne sont pas nécessaires pour mener à bien un projet, ils le savent, mais ne prennent pas leurs responsabilités d’en faire part à la direction. Au quotidien, c’est plutôt énervant et stressant. » Pourtant, Perrine est diplômée d’une grande école, et pour trouver un poste, elle n’a pas eu trop de mal. Les entreprises se pressent pour dégoter les candidats comme elle. Elle avait le choix, elle a choisi, mais elle ne s’attendait pas à cela. « Pour le prochain poste, je ferais très attention à ce que l’entreprise me définisse clairement mes missions, me dise avec quels interlocuteurs je travaillerai, et les responsabilités de chacun. »

 

Repérer une entreprise « ingénieuro-accueillante »

C’est bien d’apprendre après coup de ces erreurs. Mais si on pouvait, grâce à des outils, éviter de se tromper, ce serait encore mieux. Pour repérer une entreprise « ingénieuro-accueillante »,  « la tâche est ardue, précise Laurent Labbé, fondateur du site meilleures-entreprises. La méthode est alors d’utiliser plusieurs sources d’informations : se servir des classements du type Great place to work ou Top employeur, utiliser son réseau pour interroger les salariés des entreprises visées et les réseaux sociaux pour connaître la réputation sociale de l’employeur ».

Pour aider les futurs candidats, le site meilleures-entreprises propose aussi une méthodologie pour bien faire son choix. Avec l’Université Paris 2, une analyse des entreprises est proposée. 6 grands thèmes sont abordés : la qualité du management, la rémunération et la reconnaissance, le développement professionnel, l’environnement de travail, la culture de l’entreprise par rapport à l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle et la réputation de l’employeur. « En prenant en compte tous ces critères, nos internautes considèrent que les SSII Logica et Steria sont des sociétés accueillantes, conclut Laurent Labbé. Dans le domaine du conseil, les employeurs PWC, KPMG, Ernst & Young ou Accenture sont plébiscités et les meilleurs grands groupes de mon classement sont, dans l’ordre, Air liquide, GDF-Suez, Bouygues construction, Leroy Merlin et la SNCF. Pour les PME de moins de 250 salariés, mon hit-parade met en avant, dans cet ordre, Riso France (impression numérique), Arismore (SSII), le publicitaire DDB, la SSII Amadeus et le spécialiste du conseil Vertone ».

Gwenole Guiomard et Lucile Chevalier

* Le nom des personnes interviewées a été modifié à leur demande.

 

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