

Focus En plein débat sur les retraites, la revendication paraît des plus incongrues. Le syndicat majoritaire, CFE-CGC de la BNP Paribas, a demandé, dans une lettre adressée début septembre au ministre du Travail, d’autoriser un plan de licenciement pour les salariés seniors du groupe.
La CFE-CGC serait-elle tombée sur la tête ? Le syndicat majoritaire chez BNP Paribas réclame un plan social pour les séniors. 2 300 salariés de plus de 60 ans pouvant prétendre à une retraite à taux plein sont visés. Mais l’affaire, médiatisée par Le Parisien/Aujourd’hui en France la semaine dernière, va encore plus loin. Le syndicat a adressé, à cet effet, une lettre, le 6 septembre dernier, à Eric Woerth, ministre du Travail. Il lui demande de revenir sur la décision de son prédécesseur, Xavier Darcos, qui avait obligé la direction de la banque à renoncer à un projet de plan social pour sénior. A l’époque, les dirigeants de la banque plaidaient que le maintien des séniors freinait l’embauche des jeunes. Depuis, la banque a changé d’avis. Après réflexion, la présence des séniors n’empêche pas l’entrée des plus jeunes. L’année dernière sur 3 302 recrutements, 1 528 des embauchés avaient moins de 25 ans.
Mais le syndicat majoritaire lui aussi a semble-t-il changé d’avis et dans la lettre adressé au ministère du Travail il reprend les mêmes feu arguments des dirigeants de la banque. « Nous regrettons notamment que cette décision (NDLR celle prise par Xavier Darcos) oblige désormais nombre de salariés âgés de plus de 60 ans à poursuivre leur activité professionnelle, ce qu’ils ne souhaitaient pas, alors que de nombreux jeunes, quant à eux, ne peuvent prétendre à entrer dans le monde du travail. »
Une manière un peu saugrenue de relancer le débat sur la pénibilité du travail en pleine réforme des retraites. Comment maintenir des salariés jusqu’à 62 ans au travail, si à 60 ans ils se déclarent si usés qu’ils veulent être licenciés ? Les autres syndicats ne sont pas aussi radicaux dans leur réponse à ce constat. L’UGIT CGT à BNP Paribas réclame des aménagements comme des temps partiels ou une préretraite progressive.
Lucile Chevalier
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