

Focus Dans les palmarès internationaux, les universités françaises ne brillent guère. L’institut d’étude, Occurrence, et l’association de dirigeants, l’Institut de l’entreprise, ont voulu, quant à eux, récolter l’avis des Français.
C’est seulement à la 59 e place, que la France fait son entrée dans le classement du Times, le « Time Higher Education », publié la semaine dernière. L’Ecole normale supérieure est le premier établissement français, mais elle est devancée par 58 autres universités dans le monde. Une fois de plus, les universités françaises ne brillent guère. Certains, mauvais joueur ou de bonne foi, justifient ces faibles rendements par les critères sélectionnés qui privilégient nettement les établissements anglo-saxons. Une vision biaisée donc. Mais alors que pensent les Français de leur université, avec leur vision et culture toutes françaises ? L’institut d’études spécialisé dans l’évaluation de la communication, Occurrence, et l’association de dirigeants d’entreprises, l’Institut de l’entreprise, se sont penchés sur la question. Fin septembre dernier, ils ont interrogé un échantillon de 1007 Français de 18 et plus, avec une question : « quelles sont selon vous les problèmes de l’université ? ».
Le premier reproche : un manque de moyens financiers
Plus d’une personne interrogée sur deux (58 %) évoque le « manque de moyens financiers » que ce soit pour financer la recherche, les enseignements ou les infrastructures. Et plus les sondés sont jeunes et issus des catégories populaires, plus le problème est souligné. 63 % des 18-24 ans, 70 % des 25-34 ans et 71 % des catégories populaires soulignent le manque de moyen des universités. Cette impression est confirmée par les enquêtes annuelles de l’OCDE. Dans sa dernière édition de « Regards sur l’éducation », le budget par étudiant dans l’enseignement supérieur français se hissait tout juste au dessus de la moyenne des pays membres de l’OCDE, mais loin derrière les Etats-Unis, le Canada, la Suisse, la Suède ou la Norvège.
Enseignements inadaptés
Deuxième problème : des enseignements inadaptés au marché du travail, cité par 46 % des sondés. L’université, malgré ses efforts, souffre encore, auprès d’une catégorie de la population, de sa réputation de « tour d’ivoire du savoir ». 54 % des 35-49 ans et 53 % des sympathisants de droite ont évoqué ce fait.
Plus d’un sondé sur cinq (21 %) a ensuite montré du doigt la « complexité administrative ». 19 % parlent d’un « nombre excessif d’étudiants ». Et seulement, 14 % évoquent « la faible performance des universités françaises en matière de recherche ».
Lucile Chevalier
Ces articles devraient également vous intéresser :
Les solutions pour financer sa formation continue à moindre coût, via des subventions mais aussi en choisissant l’Université. Enfin, nous revenons sur la question du retour sur investissement de la formation. Un moyen qui permet de maximaliser ses études.