

Focus L’Afij, dans une dernière étude, dresse le portrait de ces jeunes diplômés qui pourtant peinent à s’insérer sur le marché de l’emploi.
Chaque année, ils sont environ 420 000 jeunes à sortir de l’enseignement supérieur. 300 000 ont un diplôme. Et, un pour un peu moins de la moitié d’entre eux (120 000), la galère commence. Au bout, il n’y a pas forcément de jobs. L’Association pour faciliter l’insertion des jeunes diplômes dresse un inventaire de ces parcours chaotique pour mieux comprendre ce qui a pu clocher. Portraits.
Trop généralistes
Ces jeunes trop généralistes. Ils ont leur diplôme de Master 2 Recherche. Mais après, que faire ? Une chose est sûre, ils ne veulent pas poursuivre dans la recherche. Et c’est là que les choses se compliquent. Cette situation est d’autant plus grave qu’elle concerne plus de 10 000 jeunes diplômés. Des jeunes qui n’ont pas fait de stages, ont suivi des cours théorique, et qui bien souvent se sont orientés vers le Master 2 Recherche sans avoir une once d’idée de ce qu’ils voulaient faire plus tard. Ils ne savent pas très bien quoi faire, et les entreprises en retour ne savent pas non plus vraiment quoi faire d’eux. « Le CV présente un diplôme Master validé mais le jeune est en fait en échec par rapport à son projet. De plus, son diplôme ne correspond généralement pas à des offres d’emplois », observe l’Afij.
Les jeunes recalés aux concours de la fonction publique. Environ 40 % des étudiants déclarent avoir pour objectif d’entrer dans la fonction publique. Au final, la moitié n’y arrivera pas et devra se réorienter. Ils sont, chaque année, environ 80 000 à échouer aux concours d’enseignement. Pour les autres concours administratifs, il y a aussi de nombreux échecs concernant des diplômés de master 1 de droit public et ici « les reconversions ne sont pas faciles dans le secteur privé » alerte l’étude.
Sans débouchés
Les jeunes diplômés d’une filière professionnelle mais sans débouchés. Si les jeunes ne trouvent pas de boulot, c’est que l’enseignement dispensé est trop académique. Tel est l’éternel argument avancé pour expliquer le chômage des jeunes et l’objet du grand conflit entre universités et entreprises. Ces dernières années, de nombreux cursus se sont professionnaliser : licence pro, alternance, apprentissage. Mais le problème reste insoluble quand ces filières même si elles sont professionnelles débouchent sur très peu de métier. Avoir une licence spécialisée dans les industries textiles ne change pas la donne, le secteur est en déclin.
Enfin, l’Afij pointe le regard sur les formations elles-mêmes. Parfois, le cursus ne s’avère pas assez complet. L’association prend ici l’exemple d’ « un titulaire de BTS comptabilité ne dominant pas un logiciel de comptabilité courante faute de pratique dans son cursus » ne pouvant être embaucher faute de ce prérequis. Il y a parfois « insuffisance des contenus de formation par rapport à la demande des professions » ajoute-t-elle.
Pour conclure, plus que des dispositifs « zéro charges » ou d’aides pour l’embauche des jeunes, il faut un ensemble de réformes. Pour, tout d’abord, aider les jeunes à réfléchir sur leur projet professionnel. Ensuite pour faciliter les reconversions. Enfin, mieux informer sur les débouchés.
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