

Focus En 2006, 286 000 nouvelles entreprises ont été créées. Cinq ans plus tard, la moitié d’entre elles sont encore actives. L’Insee, dans une étude publiée aujourd’hui, analyse les éléments qui ont joué dans la survie de ces entreprises.
En 2006, 286 000 entreprises ont germé. Cinq ans, plus tard, la moitié d’entre elles a survécu à la crise de 2008. En 5 ans, 42 000 emplois ont été perdus sur les 203 000 créés en 2006, comptabilise l’Insee, dans une étude publiée aujourd’hui. En général, les entreprises disparues ont périclité 2 ou 3 ans après leur naissance. « La crise a affecté cette génération d’entreprises dont les chances de survie dépendent des profils du créateur et de l’entreprise et des moyens mis en œuvre pour le projet » explique l’Insee.
Le secteur
Ainsi, 57 % des sociétés créées en 2006 sont encore actives en 2011. Ce n’est le cas que de 44 % des entreprises individuelles. Le secteur joue également. « Toutes choses égales par ailleurs, une entreprise de transport a deux fois plus de chances de survivre cinq ans après sa création qu’une entreprise de commerce » note l’étude. Les entreprises créées dans le soutien aux entreprises s’en sont aussi plutôt bien sorties : 58 % d’entre elles sont encore actives en 2011. En revanche, le secteur de la construction a subi la crise de plein fouet. Seulement 47 % des entreprises créées en 2006 dans ce secteur existent encore 5 ans après.
L’investissement initial
L’investissement initial (coût des locaux, formalités administratives, achats de matériels, brevets, constitution de stocks, trésorerie initiale) joue aussi beaucoup dans la survie des entreprises. La règle est simple. « Plus l'investissement est important, plus les chances de réussite sont grandes » indique l’Insee. Moins de la moitié (44 %) des entreprises parties avec un investissement initial de moins de 4 000 euros sont toujours là 5 ans après. Plus de 60 % des entreprises ayant profité au départ d’un investissement d’au moins 40 000 euros sont encore actives en 2011. « Un créateur qui bénéficie d’un prêt bancaire à la création ou mieux d’un apport en capital, a plus de chances de réussir » observe également l’Institut de statistiques. 58 % des entreprises ayant contracté un prêt auprès d’une banque ont passé le cap des 5 ans, contre 47 % des entités créées sur la base unique de l’apport personnel. 60 % des entreprises ayant bénéficié d’un apport en capital signent encore « présent » en 2011.
Le diplôme du créateur
Enfin, le profil du créateur rentre aussi en ligne de compte. Plus celui-ci est diplômé, plus les chances de réussite de son entreprise sont importantes. « De plus, ceux qui ont fait leurs études dans des filières techniques réussissent mieux que ceux des filières générales », ajoute l’étude. Parmi les anciens salariés, les cadres réussissent mieux que les ouvriers. « 44 % des entreprises créées par d’anciens ouvriers sont pérennes au-delà de 5 ans contre 58 % pour celles créées par d’anciens cadres », chiffre l’étude.
Lucile Chevalier
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