

Focus Chômage, année sabbatique ou encore congé parental, les raisons sont multiples mais le résultat est le même : un trou dans le CV. Comment le justifier et ne pas susciter la crainte de l’employeur ?
« Au secours, j’ai un trou dans mon CV », crient, affolés, de nombreux candidats. Qu’ils se soient écartés du marché de l’emploi pour s’occuper de bébé, qu’ils aient été licenciés et ont peiné à retrouver une offre alléchante ou encore qu’ils aient décidé de prendre du recul avec une année sabbatique, le résultat est le même. Il y a ce trou plusieurs mois ou années qui fait tâche.
En effet, les périodes d’inactivité ne sont pas forcément du meilleur effet pour une entreprise. Mais, d’après Karine Doukhan, directrice associée du cabinet de conseil Robert Half, ce sont surtout les candidats qui s’en font une montagne. Un « trou » ne disqualifie pas une candidature. « La crise a entraîné de nombreux licenciements économiques, même quand les employés n’avaient commis aucune faute. Les recruteurs en sont parfaitement conscients », souligne-t-elle. Alors un temps d’inactivité, cela peut passer, à condition d’être « honnête et bref », conseille-t-elle.
Dire la vérité
L’honnêteté est la première des vertus à adopter. Cela s’avère, en effet, risqué de s’empêtrer dans des mensonges, ou, pire, de tricher un peu sur les dates de périodes en emploi. « Il ne faut surtout pas mentir, alerte le cabinet de conseil, car si ce manque d’éthique est découvert, le candidat perd alors toute chance d’obtenir une mission au sein de l’entreprise ». Et, il n’est pas très difficile pour une entreprise de découvrir le subterfuge. Elle peut vous demander les dernières fiches de paie ou tout simplement passer un coup de fil à votre ancien employeur. Donc il faut dire la vérité, mais pas nécessairement toute la vérité, dans ses plus petits détails.
Être bref
Comme le conseille, Karine Doukhan : « soyez franc et expliquer brièvement pour quelle raison » vous êtes sans emploi depuis une petite période. Cette explication peut figurer dans la lettre de motivation, ou pour une candidature en ligne, dans le corps de l’e-mail ou dans l’espace « commentaires » du site Web. Une ligne ou deux, pas plus. Surtout, il n’est pas conseillé d’entrer dans les détails de sa vie personnelle. Par exemple, pour justifier un congé parental, il ne faut pas dire, comme l’explique Robert Half : « J’ai cessé de travailler pendant deux ans en raison d’une grossesse difficile et pour m’occuper de ma fille. Née prématurée, elle a subi une longue hospitalisation et plusieurs opérations, ce qui m’a empêchée de retourner travailler. Comme elle est aujourd’hui en bien meilleure santé, j’aimerais retrouver un emploi. » A la place, il faut préférer ce type de formule : « J’ai passé deux ans en congé maternité et me suis consacré à ma famille. Pendant ce temps, j’ai mis mes compétences à jour et suis désormais prête à retravailler. »
Mettre à profit sa période d’inactivité
Ne pas travailler ne signifie pas inactivité totale. Les périodes sans emploi ont pu être mises à profit, et c’est cela qu’il faut souligner lors de l’entretien. Car, vous n’y couperez pas, le recruteur vous posera la question : « Qu’avez-vous fait récemment ? ». Et bien vous avez peut-être pu « rester informé sur votre secteur d’activité et améliorer vos compétences, note Karine Doukhan. Si vous avez fait du bénévolat ou repris des études, mentionnez-le dans votre CV. Avez-vous suivi un cours ou assisté à un séminaire sur une problématique de votre secteur ? Etes-vous impliqué dans une association professionnelle ? Vous êtes-vous abonné à des publications spécialisées ? Avez-vous créé ou participez-vous régulièrement à des groupes de discussion sur les réseaux sociaux professionnels ? N’oubliez pas de mentionner tous ces éléments ». Un trou dans son CV n’est donc pas grave, si tant est soit peu que la façon d’en parler a été préparée.
Lucile Chevalier
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