

Focus En juillet, les très grandes entreprises françaises envisageaient des hausses de salaires de 3 %. Mais c’était avant les turbulences boursières. Depuis, les ambitions ont été revues à la baisse.
La crise allait être conjugué au passé. L’économie redémarrait, et l’optimisme semblait pointer son nez. Interrogées par le cabinet Mercer, entre mars et juillet, 329 multinationales françaises semblaient voir l’avenir en rose pour le plus grand bonheur de leurs salariés. Elles anticipaient des hausses de salaires de l’ordre de 3 %. La moitié des entreprises envisageaient, en effet, une augmentation des enveloppes salariales un peu au-dessus des 3 %, et l’autre moitié, un peu en-dessous. Mais, il n’y avait pas que cela, côté embauches, 2012 devait être prometteur. Seulement 7 % des entreprises interrogées prévoyaient de réduire leurs effectifs en 2012, soit le même niveau qu’en 2008 avant la crise. Et 28 % anticipaient une croissance de leurs effectifs.
Des prévisions revues à la baisse
Mais tout cela, c’était avant. A la rentrée, les estimations sont beaucoup plus prudentes et les mines moins réjouies. L’intérêt principal de l’étude du cabinet Mercer réside dans le fait qu’elle s’est déroulée en deux temps. Un premier temps, entre mars et juillet, avec son lot de bonnes nouvelles. Et le second temps, à la rentrée, « au vu de la crise des marchés en août, Mercer a réinterrogé son panel d’entreprises », note le rapport. Les bonnes nouvelles pourraient bien s’éloigner. Huit entreprises sur dix indiquent désormais que poussées par les tendances économiques incertaines, elles pourraient bien revoir leurs plans à la baisse. Les directions générales et les directions des ressources humaines « pourraient être amenées à réduire leurs budgets de révision salariale de l’ordre de 0,5 point durant l’automne ».
Prudence donc, mais pas de panique. Seulement 2 % des entreprises envisagent de geler les salaires en 2012, un niveau très en de çà de celui observé cette année : entre 2 % et 7 % de gel selon les catégories de salariés. Les cadres dirigeants ont le plus souffert et les employés tout comme les managers ont été les plus épargnés.
Cette année, le taux d’augmentation médian attendu, incluant les augmentations générales et individuelles, est de 2,5 %. Soit grosso modo ce qui pourrait être prévu pour 2012.
Lucile Chevalier
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