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E-learning européen : la France à la traîne

Dernière modification le 28/12/2011, publié par Emploi-Pro.
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© nyul - Fotolia.com

Focus  La France s’est mis assez tôt au e-learning. Malheureusement, elle s’est fait rapidement dépasser par ses voisins européens, selon le premier baromètre européen sur le sujet réalisé par CrossKnowledge, le cabinet Féfaur et Ipsos.

 

Il y a les pro et les anti. Les premiers voient dans le e-learning la formation de l’avenir, le moyen de démocratiser à moindre coût la formation continue. Les réfractaires préfèrent, quant à eux, les formes plus traditionnelles avec présence exigée et un professeur déclamant.

Quoi qu’il en soit, le e-learning fait, aujourd’hui, parti des modes pédagogiques. Depuis les années 2000, il s’est immiscé dans les entreprises. Et l’on n’en parle, beaucoup : colloques, séminaires, livre blanc. Mais où en est-on vraiment ? Quelle place occupe ce dispositif dans la formation continue ? CrossKnowledge, le cabinet Féfaur et Ipsos apportent des éléments de réponses avec la publication du premier baromètre européen sur le sujet, réalisé auprès de 511 directeurs et responsables de formation issus de 6 pays européens : France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Belgique et Pays-Bas. Bilan.

Quel pays fait la course en tête ?

Le Benelux et l’Espagne sont partis en « avance » dans la course au e-learning. « Ces pays, souligne l’étude, profitent, depuis les années 2000, d’une offre e-learning soutenue localement par des dispositions fiscales avantageuses ». Résultat, en septembre 2011, 64 % des entreprises ancrées au Benelux et 63 % des sociétés espagnoles déclaraient avoir introduit la formation en ligne en leur sein depuis plus de 3 ans.

La France, il faut lui rendre justice, n’a pas réellement tardé à s’y mettre. Mais, elle est restée lièvre et s’est rapidement fait dépassé dans la course par la tortue britannique. Seulement 17 % des entreprises françaises ont formé plus de la moitié de leurs salariés en e-learning, contre près de 40 % pour le Royaume-Uni, l’Espagne et le Benelux. Plus de réfractaires « hexagonaux » ? Sûrement, en France, il y a le poids des traditions, semble avancer comme explication l’étude. « La prééminence de la formation présentielle, bien ancrée dans le dispositif de formation continue tel qu’il s’est dessiné à partir des années 1970, est certainement une des sources d’explication », indiquent les auteurs de l’étude.

 

Quel secteur parle le plus e-learning ?

Tout d’abord, il faut souligner que plus l’on est gros, plus l’on est e-learningophage. 68 % des entreprises de plus de 10 000 salariés ont ouvert la porte au dispositif depuis plus de 3 ans. Rien de bien étonnant pour ce mode de formation choisi pour 45 % des directeurs et responsables de formation pour le moindre coût qu’il représente et pour l’opportunité qu’il offre de former un nombre accru de collaborateurs (37 %).

Ensuite, il y a également la question de l’équipement. Le e-learning s’immisce par le biais des ordinateurs d’entreprises. Et en la matière, le secteur des services semble mieux équipé, du moins plus largement que le secteur de l’industrie. 43 % des entreprises oeuvrant dans les services forment plus de 50 % de leurs salariés en e-learning. Et le secteur bancaire semble tenir le haut du pavé en raison notamment « de l’évolution rapide des produits, des services et des règles, nécessitant des efforts de formations rapides et massifs, de la densité en équipement informatique des postes salariés ou encore du niveau d’éducation initiale des employés » explique l’étude. A l’inverse, seulement 14 % des entreprises industrielles forment plus de la moitié de leurs salariés en e-learning.

 

Qu’apprennent les disciples en e-learning ?

Les 3/4 des sociétés interrogées utilisent le e-learning pour des formations dédiées aux métiers. Beaucoup l’utilisent aussi pour des apprentissages sur la thématique de l’hygiène et de la sécurité. « Elles sont de plus en plus souvent obligatoires. L’entreprise ne veut et ne peut s’y soustraire, sauf à encourir des risques juridiques importants » pointe l’étude. Toutefois la France préfèrent une nouvelle fois le présentiel. Seulement 25 % des répondants français a déclaré avoir recours au e-learning pour ce type d’apprentissage contre 57 % des sondés britanniques.  

Lucile Chevalier

 


 




		


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