
Cas pratique L'électricien public souhaite généraliser l'usage des technologies du web 2.0 à l'ensemble de ses services et fait donc appel à une société extérieure pour gérer la maintenance de sa plate-forme collaborative.
En matière d'intelligence collective, EdF fait figure de précurseur, en France du moins. Ce serait même l'une des premières entreprises 2.0 de l'Hexagone. Dès septembre 2006, une équipe de la direction R et D a lancé le projet Hermès, qui consiste à développer une plate-forme électronique de partage de connaissances interne fondée sur les outils du web 2.0. Veille internet automatique, agrégation de flux RSS, blogs, newsletters... Rien ne manque pour que les salariés disposent des mêmes outils que sur internet pour effectuer leur veille professionnelle, agréger les contenus, les rediffuser, commenter les plus intéressants dans des blogs et créer des espaces d'échanges tous azimuts dans des wikis.
« L'initiative répondait à un triple objectif, explique Aurélie Renard, la chef du projet Hermès à EdF R et D. Confronté à la concurrence, le groupe doit innover. Pour rendre la R et D plus proactive, il lui fallait des outils de veille plus efficaces. Avec le papy-boom annoncé, il fallait aussi une solution pour capitaliser au plus vite les connaissances des anciens. Et autant proposer à la jeune génération les outils de travail auxquels elle est déjà habituée. »
TRANSFORMER L'ESSAI
Mission accomplie. Après deux ans de fonctionnement, Hermès scrute 7 000 sources d'informations en ligne. Les données recueillies sont ensuite enrichies par des spécialistes dans des blogs : 25 000 billets sont disponibles et diffusés sous forme de newsletters thématiques et 90 communautés ont ouvert un wiki pour échanger sur leurs projets. Mieux, 50 % des utilisateurs sont extérieurs à la R et D, point de départ du projet.L'équipe Hermès a-t-elle réussi son pari d'insuffler le concept d'intelligence collective chez EdF ? Pas tout à fait. Car, sur les 158 000 salariés du groupe, moins de 5 000 se sont inscrits sur la plate-forme et seuls 1 200 sont réellement actifs. Les freins ne sont liés ni à l'âge ni à la technologie. Les verrous sont les mêmes que ceux identifiés dans tout projet de partage de connaissances : peur d'être surchargé d'informations, culture du secret, crainte de perdre son pouvoir en partageant son savoir et difficulté de formaliser leurs connaissances. Et la direction ne donne pas vraiment l'exemple.
Pour passer à la vitesse supérieure et transformer l'essai, Aurélie Renard et son équipe de six personnes ont décidé de se décharger de la maintenance de la plate-forme auprès d'un éditeur, Digimind, un spécialiste du traitement de l'information. Ce dernier est même incité à la commercialiser auprès d'autres industriels. Ces utilisateurs sont aussi invités à rejoindre un consortium Hermès, sorte de club pour échanger et réfléchir aux meilleures pratiques pour lever les verrous à l'adoption du web 2.0 et développer des usages. « La priorité est de poursuivre ce travail de sensibilisation en interne », explique Aurélie Renard. En clair, persuader la direction de donner l'exemple. .
Aurélie BarbauxCes articles devraient également vous intéresser :
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