

Portraits Leader européen de la formation des textiles techniques, l'Ensait s'est adaptée aux nouveaux besoins des professionnels du textile. Elle forme plus de 60 % des ingénieurs français du textile.
L'Ensait retrouve ses lettres de noblesse. En deux ans, l'Ecole nationale supérieure des arts et industries textiles a doublé le nombre de ses étudiants de première année. Pour plus de 80 % d'entre eux, c'est un choix délibéré et non un pis-aller après avoir échoué à d'autres concours d'entrée. A leur sortie, ils mettent moins de trois mois à trouver un emploi. Certains partent dans la grande distribution comme chez Décathlon, Damart ou La Redoute, d'autres se retrouvent dans l'aéronautique, l'automobile ou le secteur médical comme chez EADS, Dassault Systèmes, Faurecia ou PSA Peugeot Citroën. Un quart d'entre eux travaillent à l'étranger. « Nous suivons l'évolution de la demande du marché. Nous ne formons plus d'ingénieurs de production. Nos jeunes s'orientent vers les métiers des textiles techniques ou vers la conception et le management de la distribution. Ils apprennent tous à travailler à l'international », explique Xavier Flambard, le directeur de cette école abritée dans les locaux de l'ancien musée des Beaux-Arts de Roubaix, juste en face du musée d'art et d'industrie La Piscine.
Jusqu'au Pakistan !
L'école a tissé des partenariats avec 38 universités dans le monde. Certains étudiants peuvent y préparer un double diplôme avec onze d'entre elles. Ainsi, le Pakistan a fait appel à l'école nordiste pour former aux métiers du textile les étudiants de la future université française en construction à Karachi.
Que l'Ensait abrite le premier laboratoire universitaire français en textile, le Gemtex, a dû jouer en sa faveur. Ses travaux portent sur la customisation, les textiles intelligents utilisant les nanotechnologies et les matériaux composites. « Dans le cadre du projet européen Alcas, nous collaborons avec Airbus sur la conception d'une machine de tissage de complexes textiles en trois dimensions. Pour le projet Inteltex, nous étudions l'intégration de nanotubes de carbone dans des fibres. Ailleurs, nous développons du textile synthétique à partir de produits renouvelables », confie Eric Devaux, le directeur de la recherche de l'Ensait. Autant de travaux dont les résultats font évoluer l'enseignement de l'école et l'aide à suivre l'évolution des besoins. « Comme pour le textile, l'avenir de notre école repose sur sa capacité à innover », résume Xavier Flambard. D'où la création de nouveaux cursus. Un diplôme à bac+6 de supply chain management sort cette année mené conjointement par l'Ensait, l'université Polytechnic de Hongkong et l'université américaine de Caroline du Nord. Un master spécialisé Commerce et innovation dans la mode est lancé avec l'Edhec et l'Institut français de la mode. Une licence professionnelle sur les textiles techniques destinée à la formation de cadres intermédiaires démarre cette année avec l'université de Lille 1.
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