

Focus D’ici à 2016, le nombre de créations d’emplois atteindrait les 783 000, a annoncé ce matin le Centre d’analyse stratégique, lors de la présentation d’un rapport actualisé. Cette bonne nouvelle se fonde sur une autre, la crise a détruit moins d’emplois que prévus.
Une bonne nouvelle dans un monde de pessimistes. Alors que les chiffres de l’Insee, du Pôle emploi, les discours des politiques nous poussent à nous morfondre, le Centre d’analyse stratégique a, lui, apporté, ce matin son lot de bonnes nouvelles. Il a présenté un nouveau rapport, ou plus précisément un rapport réactualisé, portant sur « les secteurs créateurs d’emplois à court-moyen terme après la crise ».
La première bonne nouvelle, Vincent Chriqui, n’a pas mis longtemps à l’annoncer. « La France a détruit moins d’emplois et en a recréé plus que prévue » a-t-il déclaré au début de son interlocution ce matin devant les journalistes. « Les créations totales d’emplois observées dans le secteur marchand à la fin de l’année 2010 et au cours de l’année 2011 ont été supérieures aux projections de l’année passée, alors même que la croissance n’a pas été plus vigoureuse que prévue », détaille le rapport. « Une évolution plutôt atypique » ajoute le rapport. Le schéma classique tient en une formule simple, il faut une croissance minimale pour créer de l’emploi. Or sur les deux années observées, l’emploi n’a semble-t-il pas répondu à la règle, du moins les créations ont été plus fortes qu’anticipées. Le rapport fait l’hypothèse d’une baisse de productivité qui aurait permis de maintenir quelque peu l’emploi.
783 000 emplois créés
L’autre bonne nouvelle, elle est à regarder du côté de l’intérim, excellent indicateur du développement future de l’activité. Il est un sérieux indicateur des restructurations en cours dans les secteurs. Et sur ce point, le CAS constate qu’au cours du 2 e trimestre 2011, à l’exception du bâtiment ou de certaines industries manufacturières (équipements du foyer, machines et équipements, industries extractives, bois et papier), les secteurs ont « récupéré, voire dépassé le taux de recours à l’intérim par rapport à l’avant-crise ». Un bon présage pour l’avenir.
Se basant sur ces deux observations, le CAS annonce dès lors que 944 000 emplois pourraient bien voir le jour entre 2011 et 2016, 161 000 emplois, à l’inverse seraient détruits. Au total, en 5 ans le gain s’établirait à 783 000 emplois.
Les services opérationnelles : un secteur très porteur d’emplois
Mais voilà certains secteurs vont décliner et d’autres reprendre du poil de la bête. Le secteur des services à la personne, par exemple, s’en tirera plutôt bien, porté par une demande structurelle. Ce secteur pourraient bien représenté 18 % des créations brutes d’emplois de 2011 à 2016. Les services opérationnels (intérim et nettoyages) seraient les plus grands gagnants. A eux seuls, ils pourraient peser pour près de 30 % des futures créations d’emplois. Les services qualifiés aux entreprises, comme les activités de conseils et d’assistance, vont aussi profiter de l’évolution. 21 % des créations d’emplois bruts se feront dans ce secteur. Et puis, il y a les autres. Il y a les secteurs en déclin, qui sont « fortement exposés à des baisses d’emplois et à la concurrence internationale des pays à bas coûts », précise le CAS. Ceux-là, comme le textile, les équipements du foyer, la production de combustibles et carburants et produits minéraux vont perdre, d’ici à 2016, 45 000 emplois. Il y a aussi les secteurs en renouvellement qui « conjuguent une forte pression sur les prix et une concurrence sur la qualité ou la technologie », précise le rapport. Ainsi les secteurs des équipements et composants électriques et électroniques, l’automobile, le bois et papier, la chimie, la métallurgie et la transformation des métaux devraient perdre 54 000 emplois en 5 ans.
Lucile Chevalier
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