

Portraits Créer une entreprise en période de crise, c’est possible. Deuxième rencontre avec Antoine Chatelain. Il nous confie son enthousiasme à l’heure du premier client.
Co-créateur d’un site Internet permettant d’optimiser la consommation d’énergie, ce centralien verrait presque des avantages aux difficultés économiques actuelles : « les gens vont chercher de plus en plus à faire des économies sur leur facture de chauffage », précise-t-il, reconnaissant toutefois « que les dépenses d’investissement seront peut être légèrement freinées ». C’est en effet au croisement d’Internet et des green tech qu’opère quelleEnergie.fr, son entreprise. Le principe en est simple : à partir des données saisies par les utilisateurs, le moteur calcule l’énergie la moins chère, en intégrant notamment les avantages fiscaux ou les données météorologiques…
Un modèle validé par les utilisateurs et les professionnels
Premier motif de satisfaction pour Antoine Chatelain : la validation de son modèle économique, avec la signature dans les délais prévus, d’un contrat avec un premier client. La consultation du site est gratuite pour les particuliers. Pour gagner de l’argent, l’entreprise vend des adresses qualifiées à des installateurs pouvant mettre en œuvre le projet testé sur le web. « Avec mon associé, nous avons voulu être rémunéré sur un paramètre que nous maîtrisons », répond-il quand on lui demande pourquoi ne pas prendre plutôt une commission sur les affaires conclues. la signature définitive du contrat dépend notamment du commercial qu’enverraient nos partenaires ». La mise au point de ce business model ne doit rien au hasard : « avant de nous lancer, nous sommes allés voir les installateurs et nous avions constaté qu’il existe un vrai marché du prospect qualifié. En développant un site multiproduits, nous avons une vraie valeur ajoutée pour nos visiteurs et nos clients ».
Des visiteurs déroutants
Discret sur les chiffres, Antoine Chatelain affiche une sereine satisfaction quand on évoque la fréquentation de son site. « La création de trafic se joue dans la durée. Cela demande un vrai investissement en marketing, concède-t-il. Depuis un peu plus de deux mois que le site est en ligne, nous vérifions que des personnes viennent le visiter et font dessus ce que nous attendions d’eux ».
L’ingénieur, amateur de chiffres, n’est pas loin. « Sur Internet, le client, tout en étant très éloigné, est aussi très proche : on sait très précisément ce qu’il fait ». Et cela peut être très déroutant. Pourquoi un pic d’audience tel jour et pas un autre ? Pourquoi certains ne vont pas au bout ? Ce sont quelques-uns des questions qui « pour les ingénieurs que nous sommes, sont très troublantes ».
Au-delà des caprices du consommateur, le jeune entrepreneur se félicite de son choix : « je n’ai pas de journées type. Je rencontre des personnes de divers horizons, c’est passionnant ». Et le regard des autres ? Notamment des camarades de promo ? « Jusqu’ici, nous étions les types qui avaient un projet. Maintenant, nous sommes de plus en plus reconnus comme de réels entrepreneurs. Pour beaucoup de monde, le créateur est une sorte de kamikaze. Je ne me reconnais pas du tout dans cette image : j’aime le risque quand il est mesuré ». Une forme de sagesse indispensable en ces temps pour le moins troublés.
Christophe Bys
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