
Cas pratique Pour constituer un vivier de techniciens spécialistes des câblages, le sous-traitant de France Télécom en Auvergne a mis en place des formations en utilisant le contrat de professionnalisation.
Imaginer des solutions pour multiplier les chances : Escot Télécom, spécialisée dans l'installation et la maintenance de câbles téléphoniques, tente avec ses moyens, de faire face à la pénurie de techniciens. A Aurillac (Cantal), la PME a adapté les contrats de professionnalisation (créés par le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo). Depuis septembre, quatre jeunes sont destinés à devenir monteurs en télécoms. Originalité : ils ont été recrutés au niveau du bac pro dans un cursus créé ex nihilo et localement par un groupement d'entreprises réunissant la PMI Escot Télécom, son donneur d'ordres France Télécom et un autre sous-traitant de l'opérateur, STA. Un projet express lancé en décembre 2005 et abouti pour la rentrée 2006. En un peu plus de six mois, il a fallu « travailler en commun avec l'équipe pédagogique du Greta, demander l'ouverture d'une classe et s'engager à travers une convention dont l'objectif est de permettre l'embauche des jeunes », ré-sume Rozen Thomas, responsable des projets RH au sein de la direction du management des compétences et de l'emploi de France Télécom. Une fois n'est pas coutume, chaque société s'y retrouve en partageant un vivier de futurs salariés. « Nous avons créé une mini-école », commente Nathalie Priest, la DRH d'Escot Télécom.
etre plus inventif
Mais pour pallier un manque de main-d'oeuvre estimé à 44 techniciens, Escot Télécom a dû être encore plus inventif. Nathalie Priest a frappé à la porte de la région et ouvert une seconde formation avec le Greta. Cette fois, dans un délai record d'un mois. « J'ai entamé les démarches en décembre 2006. Au final, depuis janvier et jusqu'à avril, nous recevons quatorze jeunes en stages de préqualification, rémunérés grâce à la Région, puis nous les embaucherons en contrat de professionnalisation pour douze à dix-huit mois », explique la DRH. Avec cette première période de test, « importante pour les jeunes et pour l'entreprise », ce projet permet à Escot Télécom d'accueillir des profils moins qualifiés (BEP ou CAP). Et de s'adapter à la réalité du marché du travail auvergnat. « Le plus difficile, avoue Nathalie Priest, c'est le recrutement. Nous avons dû mobiliser l'ANPE et les missions locales. J'ai déjà rencontré plus de cinquante personnes. »
Chronophage, cette politique volontariste a un coût financier : les « apprentis » sont payés au Smic (soit au moins 25 % de plus que le salaire réglementaire), une dizaine d'entre eux sont logés dans des foyers de jeunes travail-leurs ou en centres d'hébergement aux frais d'Escot Télécom et les tuteurs bénéficient d'une prime pouvant aller jusqu'à 220 euros par mois pour le temps passé à les former et compenser la perte de leur chiffre d'affaires. Ce prix à payer est un impératif pour attirer et fidéliser les jeunes recrues. Et ainsi éviter, comme le craint Nathalie Priest, « d'avoir le sentiment de former pour les autres ». .
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