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Expatriation du conjoint : attention danger

Dernière modification le 17/06/2011, publié par emploi-pro.fr.

© Air flore

Focus  Tout plaquer pour suivre son conjoint à l’étranger. Découvrir une autre culture, consolider son couple par une aventure commune, prendre du temps pour soi : l’ailleurs fait rêver. Gare aux désillusions.

La femme suivrait plus volontiers son mari à l’étranger que l’inverse. D’après une étude réalisée par Expat Communication, dans 57 % des cas, ce sont des femmes qui décident de suivre leur conjoint et de mettre leur carrière entre parenthèse. Et elles ont toutes un rêve, une vision fantasmée de l’expatriation. « Elles sont pleines d’illusions, constate Adélaïde Russell, psychologue et co-rédactrice de l’étude. 84 % saisissent l’opportunité pour changer de vie, 75 % d’entre elles pensent que cette aventure va amener de la nouveauté dans leur couple et 64 % rêvent à un meilleur niveau de vie. Les désillusions sont fortes. Elles se retrouvent isolées avec un mari très pris par son travail, elles n’apportent plus un second revenu au ménage et vivent l’aventure avec frustration ».  

 

67 % quittent un travail

Car, il n’est pas forcément aisé de mettre sa carrière sur la touche. Surtout que le profil de ses épouses ou conjointes a considérablement évolué. « On est loin des clichés de la femme expatriée assistée et oisive », note l’étude. 67 % des conjointes interrogées dans l’étude exercent une activité professionnelle au moment du départ et 74 % d’entre elles ont un bac +5. « C’était dur d’abonner un travail que j’adorai. Il faut penser à une nouvelle façon de vivre. J’ai eu le sentiment d’être sacrifiée pour le travail de mon conjoint », confie l’une d’entre elles. « En tant qu’expatriée, le plus dur, ce sont les premiers mois. Se repérer géographiquement, administrativement, médicalement, scolairement, socialement… », ajoute une autre. « Ce fut très dur de ne plus travailler, de n’être plus que la femme de. Je me suis sentie inutile », confie une troisième.

 

41 % n’obtiennent pas de visa travail

Elles sont peu nombreuses à pouvoir profiter de l’expérience pour enrichir leur CV. 79 % d’entre elles ne travaillent pas, et pas souvent par choix. 41 % en sont empêchées administrativement, elles n’ont pas obtenu un visa de travail. « Les conjoints subissent souvent la politique économique des pays d’accueil, explique Tatiana Merienne, responsable du groupe du service mobilité internationale de Morpho, du groupe Safran. Certains Etats, comme les Etats-Unis ou le Canada protègent leur marché de l’emploi. Et dans certains pays comme en Afrique, le marché de l’emploi est inexistant, il n’y a pas d’offres d’emploi. » Sur les 38 % de femmes cherchant un travail, seulement 9 % d’entre elles trouvent un travail en adéquation avec leur carrière.

Sans compter, qu’une mission dure en moyenne 4 ans. Et 4 années de trou dans une carrière c’est long, et le rapatriement est difficile. « De retour depuis un an, je considère que j’ai sacrifié ma vie professionnelle et ai beaucoup de mal à retrouver un emploi malgré une activité très riche en expatriation », témoigne une des femmes interrogées. « Le regard des recruteurs n’est pas toujours bienveillants sur ces parcours atypiques », confirme Sabine David, co-fondatrice d’Expat Communication. De plus, que l’on ne travaille pas ou que l’on est un emploi plus précaire, joue aussi   inévitablement sur la retraite.

 

58 % des femmes n’ont pas été préparées

Des frustrations économiques mais aussi psychiques. Ces accompagnatrices mal préparées peuvent mal subir tous ces changements. 58 % des femmes déclarent ne pas avoir été préparées à l’expatriation. Et sur les 42 % ayant bénéficié d’une formation, elles ont, en majorité (43 %), suivi des cours de langues. « Ce qui est certes important, mais insuffisant. « Un conjoint qui n’a pas de projet personnel d’expatriation s’adaptera moins vite à la culture du pays d’accueil », tranche l’étude. L’entreprise propose en douceur, sans « imposer », au conjoint un stage de préparation à l’expatriation car « elle n’est pas entièrement convaincue de l’utilité d’un tel accompagnement, souligne l’étude. Cette politique encore frileuse en terme d’accompagnement au changement s’explique par le fait que l’entreprise ne mesure pas encore suffisamment l’impact d’une préparation de ce type sur la réussite d’une expatriation. Elle préfère souvent donner une enveloppe au conjoint. »

Grosse erreur. D’après l’étude ECA international, « Panorama 2010 de la mobilité internationale », « la première cause d’échec en expatriation est familiale : ce sont les problèmes liés à la famille – conjoints et enfants – qui font échouer les expatriations ».

 

Lucile Chevalier

 

 

 




		


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