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Fauchon et Salpa partagent la même usine

Dernière modification le 16/05/2008, publié par L’Usine Nouvelle.

Cas pratique  Deux sociétés ont investi ensemble dans la construction d'une unité de conditionnement de thé. Elle leur permettra de produire leurs gammes respectives et de prospecter de nouveaux clients.

Certains regroupent leurs forces commerciales, d'autres les achats. Salpa et Fauchon partagent leur usine. « Ce projet est né de la rencontre avec Michel Ducros, le propriétaire de Fauchon. Nous sommes voisins, car nous avons nous aussi une boutique place de la Madeleine à Paris, à l'enseigne Marquise de Sévigné, s'amuse Jean-Paul Burrus, le patron du groupe alsacien Salpa. Et nous partageons la passion du thé. »

En 2007, les deux hommes s'associent à parts égales dans la construction d'une unité de conditionnement de thé. Fauchon souhaite mieux maîtriser le processus de fabrication de ce produit stratégique et s'affranchir de son sous-traitant. Salpa veut, lui, rapatrier en Alsace sa filiale bordelaise Comptoir français du thé. L'idée de « l'usine en commun » leur permet d'être autonomes et indépendants.

Première étape : la création d'une société, avec deux cogérants.

Jean-Paul Burrus, côté Salpa, se concentre sur l'aspect industriel et Isabelle Lavisse, chez Fauchon, sur le marketing. Les partenaires se lancent rapidement dans le plan de l'usine. « Nous sommes partis des produits finis que nous souhaitions chacun réaliser, et nous avons conçu le site capable de les produire », explique le patron de Salpa qui pilote la conception. Il fait appel au bureau d'ingénierie Cical pour élaborer l'avant-projet sommaire, puis le définitif.

En douze mois, une unité de conditionnement de 3,8 millions d'euros sort de terre à Geispolsheim (Bas-Rhin), à l'ombre de la chocolaterie Schaal, dont Jean-Paul Burrus est propriétaire. L'usine intègre l'une des contraintes majeures du projet : la conception d'une zone de stockage de la matière première (700 palettes), divisée en deux.

Chaque opérateur conserve son bureau d'achat et son sourcing. Nicolas Maetz, le responsable de l'usine, est autonome et gère l'approvisionnement et de l'organisation de la production.

matériel haut de gamme

Quatre lignes sont installées : une unité de mélange et d'aromatisation, une ligne de remplissage des boîtes, une ligne dédiée aux sachets et une autre au vrac. Elles produisent aussi bien pour l'un que pour l'autre. « Si j'avais mené tout seul cet investissement, il aurait été risqué. Par contre, en partenariat, les volumes sont suffisamment importants dès le démarrage pour nous équiper en matériel haut de gamme », affirme Jean-Paul Burrus. La ligne ultra-perfectionnée de fabrication de sachets, importée du Japon, tourne à 100 % sur un poste et demi. Il est déjà question d'en installer une deuxième. Dès sa mise en route, l'usine fonctionne à 70 % de sa capacité sur un poste. « Notre outil a également été pensé pour la sous-traitance, ajoute Jean-Paul Burrus, y compris sur des petites séries, que le marché demande de plus en plus. Avis aux amateurs ! » .

PATRICK DÉNIEL


	
Première publication : L’Usine Nouvelle du 16/05/2008 - N° 3101
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