

Focus Les signes de reprise se multiplient. Et il est aujourd’hui tentant de changer d’entreprise. Votre employeur actuel peut vous proposer une contre-offre. Il faut réfléchir à cette proposition : ce n’est pas toujours une bonne idée.
Salariés démissionnaires, faut-il accepter une contre-offre de votre employeur actuel ? Telle est la question que se sont posés les consultants en recrutement du cabinet Robert Half. En France, précise ces spécialistes, 61 % des managers estime qu’un employeur doit faire une contre-offre quand un collaborateur de valeur souhaite quitter son entreprise ? De même, 64 % des salariés français accepterait une contre-offre de la part de son employeur actuel.
Pour les consultants de Robert Half, cette contre-offre n’est pas toujours une bonne idée pour l’employé sur le départ. En effet, le salarié doit garder en mémoire pourquoi il a voulu partir. Ces raisons disparaissent-elles avec la contre-offre ? Les rapports tendus avec les collègues ou la direction vont-elles s’évanouir ? L’évolution de l’entreprise va-t-elle en être sensiblement modifiée ? Il y a aussi de fortes chances que les solutions choisies ne soient pas pérennes. Que ce qui a été obtenu sous la contrainte ne soit pas vraiment souhaitée par la direction. In fine, l’employeur peut jouer ce jeu pour gagner du temps et organiser, cette fois ci pour de bon et sans solution de repli pour l’employé, son départ.
« Il convient de décliner cette proposition »
Jouer le jeu de la contre-offre est aussi une erreur de la part de l’employeur. En effet, la contre-offre est rarement effectuée pour les « bonnes raisons » même si, le plus souvent, elle permet à l’entreprise de « gagner du temps ». Par contre, le collaborateur qui fera le choix de rester rencontrera, tôt ou tard, les raisons qui l’avaient poussé à rechercher un nouvel emploi. Pour le directeur de Robert Half France, Fabrice Coudray, « notre expérience de recruteur nous permet d’affirmer que la contre-offre n’est en rien une solution sur le long terme. 9 fois sur 10, les collaborateurs qui acceptent une contre-offre, alors qu’ils avaient fait la démarche de trouver un nouvel emploi, se remettent en recherche active dans l’année suivante. »
Conclusion : « si un avenir commun sur le long terme est inenvisageable, dans l’intérêt du salarié comme de l’entreprise, il convient de décliner cette proposition en expliquant les raisons qui ont motivé ce choix », précise le cabinet Robert Half.
Gwenole Guiomard
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