

Focus Le nombre de contrats d’apprentissage a bondi de 30 % en juin, après cinq mois calamiteux.
Un bon spectaculaire, + 30 % du nombre de contrats d’apprentissage en juin et une hausse qui n’en reste pas moins méritante, + 7, 7 % pour les contrats de professionnalisation. Les derniers chiffres de la Dares (ministère du Travail) publiés hier, avaient de quoi réjouir, du moins en apparence. La performance bien qu’impressionnante intervient après cinq mois particulièrement difficiles, et une année 2009 qui n’a pas été la meilleure en matière de créations de contrats d’apprentissage. Tout dépend du référent. Et là le désenchantement succède à la première joie.
Le nombre de contrat d’apprentissage a bondi de 30 % mais par rapport à juin 2009, un mois particulièrement mauvais. A partir d’aussi bas, le bond n’atteint pas des sommets. D’autre part, cette hausse rattrape quelque peu le faible démarrage en 2010. Ainsi, le premier trimestre 2010 a accusé une baisse de 6 % des formations en alternance par rapport à la même période en 2009. Alors même que les chiffres du premier trimestre 2009 étaient en baisse de 25 % par rapport à 2008. Quant au deuxième trimestre 2010, le nombre de création d’emploi s’est tout juste redressé, avec une hausse d’à peine 2,7 %.
L’objectif fixé en avril 2009 par le président de la République de 320 000 recrutements d’apprentis de juillet 2009 à juin 2010 n’est pas atteint, mais grâce au rebond de juin, on s’en rapproche. 285 000 contrats d’apprentissage ont, en effet, été conclus sur cette période. Un résultat plutôt faible alors que l’Etat avait beaucoup misé sur ce type de contrat pour faire baisser le chômage des jeunes. Et s’était, semble-t-il, donner les moyens. Mesures d’appel pour pousser les entreprises à franchir le pas : zéro charge apprenti, prime de 1 800 euros pour les PME embauchant un apprenti, prime de 1 000 euros pour tout contrat de professionnalisation. Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat à l’emploi, avait même entrepris l’été dernier un Tour de France pour l’emploi des jeunes, argumentaire sous le bras pour convaincre les chefs d’entreprise de chaque région d’embaucher un apprenti. Un an plus tard, avec 285 000 contrats de formation en l’alternance, l’Etat affiche tout juste un bilan honorable.
Lucile Chevalier
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