

Focus Après l’annus horribilis de 2009, la branche du transport et de la logistique reprend du poil de la bête. Hausse des créations d’entreprises, et baisse des défaillances, ainsi qu’une forte augmentation (+ 27 % en un an) des offres d’emplois.
« Les chiffres ne sont pas si mauvais, et même pas mauvais du tout », annonce Maxime Dumont, président de la Commission nationale paritaire de l’emploi et de la formation professionnelle (CNPE) Transport. C’est sur cette bonne note qu’a commencé, ce matin, la conférence de presse, dédiée à la présentation du rapport 2011 de l’observatoire prospective des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL). Les visages, sourires en coin, affichent un enthousiasme. Une bonne humeur qui se voile toutefois d’une certaine prudence. Les bons chiffres de 2010 laissent présager une sortie de crise. Mais, « les récentes révolutions dans le monde arabe et l’augmentation du prix du pétrole pourraient plomber l’activité pour 2011 » met en garde Maxime Dumont. Sortant tout juste la tête de l’eau, le transport ne voudrait pas y replonger.
+ 27 % pour les offres d’emplois
Autre thermomètre de la situation du marché de l’emploi : les offres d’emploi. Et là aussi les chiffres sont bons. D’après les statistiques du Pôle emploi, ces offres ont bondi de 27 % en 2010. Dans le détail, elles ont même fortement augmenté chez les prestataires logistiques (+ 63%), dans l’affrètement et l’organisation des transports (+ 48 %), et le transport fret interurbain (+ 47 %). A l’inverse, dans le secteur du transport routier de voyageurs, le nombre d’offres d’emploi a reculé de 5 %. Ces chiffres signent « une reprise sur le marché du travail après une année 2009 troublée », analyse Valérie Castay, chef de projet dans le département étude et recherche de la direction des relations institutionnelles et des études (Drie). En 2009, en effet, le nombre d’embauches avaient reculé de 31 %, ainsi que le nombre de départs qui avaient baissé de 10 %. La crise décourage la mobilité. Autre signe de cet immobilisme : l’ancienneté moyenne des salariés dans les établissements est passée de 7 ans et 9 mois en 2008 à 8 ans et 3 mois en 2009. Les recrutements repartent, ou plutôt comblent le retard. Car même si les chiffres bondissent, « l’on ne peut parler de métiers en tension, avertit Jean-André Lasserre, directeur du Drie. Les tensions restent même en-deçà de ce qu’elles étaient en 2008. »
Lucile Chevalier
Ces articles devraient également vous intéresser :
Les solutions pour financer sa formation continue à moindre coût, via des subventions mais aussi en choisissant l’Université. Enfin, nous revenons sur la question du retour sur investissement de la formation. Un moyen qui permet de maximaliser ses études.