

Focus Eric Woerth, ministre du travail, vient d’annoncer un gel du point d’indice des fonctionnaires en 2011. Les 0, 5 % d’augmentation au 1er juillet 2010 sont maintenus.
Cela constitue une véritable douche froide pour les fonctionnaires. Le ministre du travail, Eric Woerth, a annoncé le gel de l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires pour 2011. Pour 2012 et 2013, aucune augmentation n’est programmée. Mais la hausse de 0,5 % prévue pour 2010 est entérinée. La mesure est effective au 1er juillet 2010.
Ce gel des salaires pour 2011 intervient dans le cadre d’un plan d’économie que le gouvernement veut imposer à ses fonctionnaires.
Les hausses générales des salaires des fonctionnaires avaient été de 0 % en 2003, de 0,5 % en 2004, de 1,8 % en 2005, de 0,5 % en 2006, de 0,8 % en 2007, 2008 et 2009 et de 0, 5 % en 2010. Il est prévu une hausse de 0 % en 2011. Pour 2012 et 2013, « les rendez-vous annuels, prévus dans les accords de février 2008, permettront de déterminer l'évolution du point, compte tenu de la situation économique », ont indiqué les instances gouvernementales. Mais les syndicats, furieux, estiment que seule une improbable embellie économique pourrait faire que les deux prochaines années soient l’occasion de relever l’indice.
Les 5,2 millions de fonctionnaires ne bénéficieront donc pas d’une augmentation générale l'année prochaine. Et sans doute pas en 2012 ni en 2013. Les syndicats évoquent une perte de 7 % en pouvoir d’achat d’ici à 2013 après une perte évaluée à 9 % depuis 2000.
Le gouvernement estime, au contraire, que la hausse de l’indice ne constitue pas le seul levier pour augmenter les salaires des fonctionnaires. Pour lui, via le jeu de l’ancienneté et des promotions, les salaires augmentent de 1,5 à 2 % par an, quoi qu’il arrive. Il promet aussi de reconduire le dispositif de garantie individuelle du pouvoir d'achat (Gipa), lancé en 2008, qui permet aux agents dont le traitement augmente moins vite que l'inflation de bénéficier d'une prime de rattrapage.
Les syndicats sont exaspérés et estime que ce gel conduit à un « scénario d'affrontement majeur ». Reste maintenant à savoir si les employeurs privés profiteront de l’occasion pour procéder eux-mêmes à un gel des salaires ou, au contraire, s’ils en profiteront pour améliorer, via des hausses de rémunération, leur attractivité auprès des candidats.
Gwenole Guiomard
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