

Focus Souvent présentés comme un eldorado, la croissance des services à la personne est entravée. En cause, la politique de gribouille de l’Etat qui voudrait reprendre d’une main ce qu’il donne de l’autre. Conséquence : les entreprises du secteur peinent à structurer l’offre.
Pour le cabinet d’étude Précepta, le marché des services à la personne risque de ne pas croître autant que prévu. Parmi les nombreux facteurs qui limitent le développement, Delphine David, l’auteure de l’étude, pointe notamment le rôle joué par l’Etat avec la non–acceptation par les particuliers de la valeur du service et les difficultés de recrutement et de fidélisation de la main d’œuvre.
La réforme de la taxe professionnelle pénalise l’emploi
Elle montre ainsi l’effet négatif des mises en cause régulières des niches fiscales. Cela rend particulièrement périlleux l’activité des entreprises qui ont investi le secteur. En effet, la prégnance du travail au noir est telle que faute d’aides, les particuliers sont peu incités à recourir à des professionnels reconnus. Chaque fois que les abattements fiscaux réservés aux personnes employant des services à domicile sont mis en cause, c’est la pérennité des entreprises qui est en quelque sorte menacée. Ainsi, delphine David écrit dans la synthèse exécutive que l’Etat « doit apporter des garanties sur la durée des aides ». Elle s’inquiète aussi de la réforme de la taxe professionnelle qui sera remplacée par une contribution sur la valeur ajoutée. Elle devrait peser sur les entreprises de services, et donc sur le volume d’emploi dans le secteur.
Plus originale, son analyse insiste sur la nécessité de la formation dans le secteur. La forte concurrence sur certains segments des associations et du travail non déclaré est telle qu’une politique en ressources humaines déterminée, comprenant une formation des salariés du secteur, est un élément tout aussi fort de différentiation de l’offre des entreprises. Etant donné la fragilité du secteur, elle indique qu’une aide de l’Etat serait la bienvenue.
Elle ne s’arrête pas là, estimant que l’Etat devrait davantage communiquer sur le secteur qui reste « méconnu [du grand public] et force est de constater que le secteur privé n’a pas les moyens de rémunérer seule à cette faiblesse ».
Un marché au ralenti en 2010
Si l’auteure déroule les domaines d’intervention de l’Etat, elle n’oublie pas les responsabilités des entreprises du secteur, notamment en matière de professionnalisation des salariés. Les entreprises du secteur doivent aussi œuvrer pour que leur offre soit plus claire.
C’est d’autant plus nécessaire que la conjoncture n’est pas très favorable pour les services à la personne. En cause la régression prévue du pouvoir d’achat qui conduira les ménages à faire des arbitrages défavorable aux services à la personne : la croissance serait limitée en 2010, et atteindrait 3 % ensuite. Tous les services à la personne ne sont pas concernés de la même façon. Ainsi, l’aide aux personnes en situation de dépendance devrait moins pâtir des variations conjoncturelles, tandis que les services de ménage ou de jardinage seront plus affectés. C’est bien connu, quand les ressources diminuent, le superflu l’est davantage.
L’enjeu est pour l’auteure d’autant plus important que les services à la personne représentent un gisement d’emplois non délocalisables. En cette période de fort chômage, il est urgent de ne pas attendre.
Christophe Bys
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