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L’environnement dans l’économie

Dernière modification le 04/05/2010, publié par Emploi-Pro.

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Focus  À l’heure de la « croissance verte », tous les secteurs sont touchés par les préoccupations environnementales. Pour répondre aux nouvelles exigences, les métiers évoluent et se transforment.

 

C’est inéluctable. D’ici à 2050, la France – notre planète devra aussi s’y soumettre – s’est engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz carbonique. Avec une conséquence majeure : le projet de loi d’orientation sur l’énergie prévoit une réduction de 2 % par an de l’intensité énergétique française d’ici à 2015. Et d’ici à 2012, l’État envisage de diminuer de 15 % les déchets destinés à l’incinération ou au stockage et de porter à 45 % le taux de recyclage des déchets ménagers.

C’est dire si le gouvernement, poussé par la société civile, impulse une transformation profonde de notre économie par tout un arsenal législatif. Face aux dysfonctionnements climatiques, au réchauffement de la planète, à l’épuisement des ressources naturelles et à la pollution des milieux, il y a urgence. Dans tous les secteurs d’activité, les modes de production les plus respectueux de l’environnement sont encouragés. Poussées par des mesures incitatives et par une pression grandissante de l’opinion publique, les entreprises accélèrent leur recherche et développement pour créer des activités et des produits plus durables. Modes de déplacement doux, bâtiments à haute qualité environnementale, logements à basse consommation d’énergie : on voit partout fleurir des alternatives à nos moyens de transport polluants et à nos habitats énergivores.

 

Énergies renouvelables   et activités environnementales traditionnelles

 

En 2010, la part des énergies renouvelables dans l’économie ne cesse de croître. « La France est riche en ressources énergétiques renouvelables avec la première forêt d’Europe occidentale et un fort potentiel hydraulique, éolien et géothermique », rappelle le Commissariat général au développement durable. En 2007, elle était le deuxième producteur et le deuxième consommateur d’énergies renouvelables d’Europe. En 2008, la production primaire de l’ensemble des énergies renouvelables (électriques et thermiques) s’élevait à 19 Mtep (mégatonnes équivalent pétrole), soit 13,9 % de la production nationale énergétique. Le bois-énergie en représentait 46 % ; l’hydraulique 29 % ; les agrocarburants 11 % ; les déchets urbains renouvelables 6 %. Les autres filières totalisaient les 8 % restants. Ces taux ne cesseront de progresser puisque les énergies renouvelables doivent représenter 23 % de la consommation d’énergie finale d’ici à 2020.

Par exemple, depuis la fin 2008, le parc photovoltaïque a plus que triplé en métropole et dans les DOM pour atteindre à la fin 2009 les 268 MW. « Lindustrie photovoltaïque compte aujourd’hui plus de 150 acteurs, indique le groupement français du solaire photovoltaïque [Soler]. En trois ans, les emplois industriels dans le secteur ont quadruplé, passant de 800 à 3 200. » Concernant l’éolien, la production électrique a progressé de 33 % par rapport à 2008. La filière, qui emploie actuellement 10 000 personnes, devrait augmenter ses effectifs, qui s’élèveraient ainsi à 60 000 personnes en 2020, pour remplir les objectifs du Grenelle. Même constat pour le secteur biomasse et bois. Selon le syndicat des énergies renouvelables, il devrait représenter 100 000 emplois en 2020, quand il en compte aujourd’hui seulement 60 000. « Il y aura des embauches dans toutes les énergies renouvelables, explique Raphaël Claustre, directeur du Cler (Comité de liaison des énergies renouvelables). Entre 2009 et 2012, 9 000 postes devraient être créés dans le solaire thermique. Le photovoltaïque devrait, quant à lui, générer 3 500 emplois, le bois 120 000. Ces chiffres ne représentent que les emplois d’équipement, à quoi il faut ajouter les fonctions liées à la vente d’énergies renouvelables. » Quant aux secteurs plus traditionnels, comme le traitement des déchets ou la gestion des eaux, ils sont au cœur de l’environnement. Le Sniter (Syndicat national des industries du traitement des eaux résiduaires) rappelait que son chiffre d’affaires en 2008 était de 870 millions d’euros. L’assainissement représente, pour sa part, 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires, 600 entreprises et 120 000 emplois directs.

 

L’environnement dans les autres secteurs d’activité

 

Mais dans l’économie française, l’environnement ne se limite pas à ces seuls secteurs. Au-delà des entreprises spécialisées dans le tri des déchets, le traitement de l’eau ou les énergies renouvelables, les autres secteurs d’activité sont impactés par les impulsions du Grenelle. Le premier concerné : le bâtiment. « Il est à l’origine de 21 % des émissions de CO 2 et de 43 % de la consommation d’énergie finale en France, souligne l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Il y a donc urgence à rénover les 19,1 millions de logements construits avant la réglementation thermique de 1975. PME et leaders du BTP intègrent de plus en plus les problématiques de performance énergétique ou de qualité environnementale dans leurs activités. « C’est dans les énergies renouvelables et à la maîtrise de l’énergie qu’il y aura le plus d’emplois créés, analyse David Ascher, le directeur de la publication d’emploi-environnement.com. Ces thématiques sont à cheval entre les secteurs de l’environnement et du bâtiment. La question de la performance énergétique des bâtiments est un sujet d’actualité porteur de débouchés. » Et l’impact des nouvelles normes environnementales ne s’arrête évidemment pas là. Du côté des transports aussi, on est soucieux de développer des modes de déplacement moins polluants. Les constructeurs automobiles proposent désormais des véhicules hybrides ou électriques tels que Peugeot 3008 Hybrid 4, Kangoo Be Bop ZE. Dans le secteur informatique, on voit éclore çà et là des « clean techs » qui développent des technologies innovantes pour sauvegarder la planète. Même la finance se met « au vert ». En 2006, le groupe Banque Populaire lançait le livret d’épargne CODEVair et le prêt immobilier écologique PREVair, destinés à promouvoir l’éco-habitat. Et, dans l’ensemble des entreprises françaises apparaissent de nouvelles préoccupations internes pour limiter l’empreinte environnementale des activités. Les grands groupes ont tous leur département « développement durable ». Les PME, aussi, intègrent de plus en plus ce volet dans leur fonctionnement.

 

Emplois verts et métiers « qui se verdissent »

 

L’environnement dans l’économie est donc une lame de fond, transverse à tous les secteurs d’activité. Il va s’en dire que les métiers aussi sont concernés par cette croissance verte.

Il reste à définir l’« emploi vert ». Lors de la Conférence nationale sur les métiers de la croissance verte le 28 janvier 2010, le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer soulignait : « Dans le cadre du plan de mobilisation, la notion d’“ emplois de la croissance verte ” déborde largement celle des “ emplois verts ”, pour englober les emplois affectés dans leur développement ou leurs pratiques par l’application des dispositions du Grenelle de l’environnement et de la mer, autrement dit presque tous les emplois de notre économie. » Si l’ingénieur environnement, le technicien en traitement des eaux ou l’installateur de panneau photovoltaïques sont facilement identifiables comme étant des postes liés à l’environnement, il en va différemment pour d’autres fonctions. Pourtant selon le ministère, on occupe aussi un emploi vert si l’on est comptable chez un constructeur d’éolienne, c’est-à-dire si on a une fonction même « éloignée du domaine de l’environnement dans une entreprise ayant une activité principale dans le domaine de l’environnement ». À l’inverse, on peut être technicien en mesure de la pollution dans une industrie chimique et occuper un emploi vert. Un ingénieur recherche sur véhicules électriques et un spécialiste de la performance énergétique des bâtiments sont aussi classés parmi les emplois verts puisqu’ils « concourent directement ou indirectement à la réduction d’émissions de gaz à effet de serre ». Pour le cabinet de recrutement Michael Page, les emplois verts englobent les fonctions en lien avec les énergies renouvelables, l’environnement, le développement durable, le commerce équitable et les achats en développement durable, le cadre de vie ainsi que les déchets et les fonds d’investissement responsables. Comment en effet ne pas qualifier d’« emploi vert » le « consultant en développement durable » des cabinets de conseil ou le   « responsable développement durable » des entreprises ? Même si leur domaine d’intervention va au-delà du seul champ environnemental puisqu’il englobe l’aspect social et le mode de gouvernance, ils restent les premiers garants de la politique environnementale de l’entreprise. Dans ce secteur, il ne faut cependant pas s’attendre à des emplois extrêmement nombreux. « Écoles et universités intègrent de plus en plus la thématique du développement durable dans leurs formations, mais les offres d’emplois ne sont pas au rendez-vous. Dans les entreprises, les directions du développement durable comptent tout au plus deux ou trois personnes et il y en a uniquement dans les grands groupes », relativise Mathieu Taugourdeau, qui dirige le pôle développement durable du groupe d’économie sociale et solidaire SOS.

 

Isabelle Fagotat

 




		


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