

Focus Dans son dernier rapport, la Cour des comptes met à l’index la gestion des ressources humaines de l’Etat. Elle regrette qu’aucune stratégie à moyen ou à long terme n’existe. Les décisions de réduction sont prises au fil de l’eau, en fonction de considérations budgétaires.
Etudiant l’évolution des effectifs de l’Etat de 1980 à 2008, la Cour des comptes regrette le manque de stratégie en la matière. C’est un comble : l’Etat qui impose des obligations en matière de gestion prévisionnelle des emplois et compétences aux entreprises semble ne pas posséder le début d’un commencement de politique en matière de recrutement. Pourtant, la rémunération des agents de l’Etat – pensions comprises – représentent la moitié des dépenses nettes du budget.
Et ce n’est pas la règle du non remplacement d’un fonctionnaire qui part à la retraite sur deux, promue par le président de la République, qui pourra faire illusion aux yeux des magistrats de la rue Cambon à Paris. Le premier président de la Cour des comptes a en effet indiqué lors de la remise du rapport qu’elle était « dictée par des considérations budgétaires de court terme ». Il regrette que l’Etat soit « incapable d’analyser les besoins et de programmer « [les] effectifs en conséquence ». Et pour enfoncer le clou, il voit dans le non remplacement systématique d’un agent sur deux une règle qui « récompense les mauvais élèves », ceux qui ont fait le moins d’effort en matière de productivité.
La solution pour les magistrats passe par une vraie gestion des ressources humaines, s’appuyant sur une vision de l’organisation de l’Etat, notamment l’articulation entre collectivités locales et administration centrale. Alors que les lois de décentralisation votées en 1982 ont confié des missions aux collectivités, les personnels employés directement par l’Etat ont cru de 14 % entre 1980 et 2008. Pendant ce temps, l’effectif des collectivités augmentait de 71 % ! Un sujet tout trouvé pour la grande conférence sur la dépense publique que souhaite réunir le chef de l’Etat au début de 2010, réunissant les collectivités locales, la fonction publique hospitalière et l’Etat. Sachant que cette réunion aura lieu en même temps que les élections régionales, on peut, sans trop de risques, présager que les débats seront parasités par de nombreuses arrière-pensées !
Christophe Bys
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