

Focus De jeunes étudiants en école de commerce et fondateurs de l’association Women’up ont, le temps d’un colloque, révélé les « dessous de la Génération Y ». Reportage.
Le colloque se devait interactif et multimédia. Evidemment, le sujet abordé était celui de la Génération Y, ou génération « why », ou encore e-génération, c’est selon le regard que le narrateur porte sur la jeunesse. Bref, le colloque concernait tous ces individus qui sont sortis du ventre de leur mère, entre 1980 et 1999 et ont été élevé avec IBM, Macintosh et autre Google. Alors quoi de plus normal qu’une dose de nouvelles technologies pour mieux comprendre leur monde. L’on aurait parlé de la génération V, il y aurait eu des télégraphes. L’association formée de jeunes étudiants en école de commerce, Women’up, avait donc pensé à tout pour définir au plus près les spécificités de cette jeunesse, devant un parterre de générations mêlées.
« Réussir sa vie, c’est être heureux »
Pour débuter, comme à la télé, on fait donc appel au public. Une question s’affiche à l’écran « Quel adjectif utiliseriez-vous pour définir la Génération Y ? ». Chacun vote à l’aide de son téléphone portable. Pour patienter, le temps que toutes les réponses soient comptabilisées, Women’up a donné la parole à ces jeunes et à leurs aspirations. Les petits films s’affichent sur l’écran. Premier thème de réflexion : « pour vous, les jeunes, que veut-dire réussir sa vie ? ». Un premier répond « Être heureux », un second « être à l’aise » et un 3 e, plus loquace, énumère « avoir un bon travail, une bonne situation, une amoureuse et des amis ». Second sujet d’introspection : « quel est, à vos yeux, le job idéal ? ». Pour résumer, les jeunes veulent un travail très rémunérateur, qui soit aussi un « challenge intellectuel », « où l’on s’ennuie pas », « par lequel on s’épanouit » et dans lequel on est libre. Et bien les autres génération « V ou X » semblent un peu tristes, si elles ont d’autres aspirations, si leur désirs est d’être malheureux dans la vie, d’exercer un métier ennuyeux et mal payé.
Un concept branlant
Le sondage du public tombe. Pour la grande majorité, les Yers sont « kiffants » et « cool ». Comme résume la modératrice du débat, cette génération a pour spécificité d’être particulièrement « décomplexée ». C’est un peu le problème avec les concepts ou vérités un peu branlantes, chacun veut y voir midi à sa porte. Chacun cherche dans son expérience ou, dans certains résultats d’études, la preuve de son intuition du départ. Et la chose n’a pas manqué tout au long du débat. Il fallait démontrer que ces jeunes, qui ont vu dès le plus jeune âge, maman et papa travailler, était la génération « élue », celle qui instaureraient pleinement l’égalité hommes / femmes dans les entreprises. La grand-mère a arraché le droit de vote, la mère la pilule, la fille instaurera l’égalité de salaires et le droit aux mêmes opportunités de carrière. C’est le cours de l’histoire. D’ailleurs, Guillaume Truttman, chef d’entreprise et membre de la génération Y de son état, le prouve. Il ne sait pas dans son entreprise combien il y a d’hommes ou de femmes car il pense avant tout aux compétences. Son approche est bercée par Y. Et puis de toute façon, ces jeunes ne peuvent que porter ce pieux projet de mixité, car comme le souligne Patrick Boccard, observateur du changement sociétal au Laboratoire de la mixité, il y a eu beaucoup d’études publiées ces dernières années qui démontrent un lien fort entre mixité et performance économique. S’ils savent, ils agiront.
Peu d’études sur la génération Y sont sorties du descriptif ou ont tenté une comparaison avec les autres générations. Jean Pralong l’a fait sur un échantillon français ( L’image du travail selon la génération Y : une comparaison intergénérationnelle), et il est parvenu à la conclusion qu’il n’y avait pas de réelles différences entre les génération X et Y dans le rapport au travail, à l’entreprise et à la carrière. François Pichault et Mathieu Pleyers, auteurs de Pour en finir avec la génération Y, parlent même d’idéologie managériale reposant sur des mythes. Après tout, c’est vrai, en quoi la génération déterminerait mieux une personne et ses comportements que ses origines sociales, ses expériences, son environnement ?
Lucile Chevalier
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