

Focus 64 % des cadres, interrogés fin décembre par Viavoice, ne voient pas dans la prochaine élection présidentielle « une source d’espoir pour eux » face à la crise. Explications.
Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Et à quelques mois de la prochaine élection présidentielle, les cadres ne semblent pas y prêter une oreille attentive. En effet, 64 % d’entre eux ne voient pas dans la prochaine présidentielle « une source d’espoir » face à la crise. Voilà en substance ce que nous apprend ce matin le dernier sondage Viavoice* réalisé fin décembre pour HEC, Le Figaro et France Inter. Il y a de la défiance dans l’air. Les cadres doutent sérieusement de la faculté des politiques à agir sur les aléas de la conjoncture économique. Ils sont seulement un peu moins d’un quart (24 %) à croire à leurs capacités. Moins d’un quart, donc, à déclarer que l’élection présidentielle représente pour eux « une source d’espoir face à la crise économique et financière ».
L’impuissance des politiques
« Ces résultats sont symptomatiques d’un désarroi lié à un sentiment d’impuissance des décideurs politiques, notamment face aux aléas de la conjoncture et du marché », expliquent les auteurs de l’étude. Avant d’ajouter : « dès lors, il est peu étonnant que ce soient dans les grands groupes et au sein du secteur privé que l’on attend le moins de chose des élections, y étant sans doute plus qu’ailleurs dépendant d’une croissance européenne et mondiale actuellement en berne, et sur laquelle un président de la République, quel qu’il soit, n’a que peu d’influence ». Les cadres travaillant dans les grandes structures, de plus de 500 salariés, sont, en effet, les plus pessimistes. 71 % d’entre eux ne voient pas dans l’élection « une source d’espoir ». 66 % oeuvrant dans le privé font la même déclaration, contre 61 % des cadres du secteur public.
Ce sondage nous apprend également que le moral des cadres se porte légèrement mieux. « L’indice global du moral des cadres a enregistré un léger rebond (-52 points) en décembre 2011 après avoir atteint son étiage le plus bas (-56) lors de la précédente enquête en août 2011 », relève les auteurs du sondage. Toutefois, ce léger mieux est mis au crédit des entreprises elles-mêmes et de la politique qu’elles ont mise en place. En effet, ce qui a progressé, et donc fait relever le niveau, c’est la « motivation » dans les entreprises. 39 % des cadres déclarent que leurs collaborateurs sont aujourd’hui « motivé » soit une hausse de 6 points. On retrouve ainsi les niveaux de mai (40 %), soit avant la généralisation de la crise de la dette et l’effondrement des perspectives de croissance. Les cadres sont également légèrement moins pessimistes quant aux perspectives concernant leur situation financière. 16 % d’entre eux jugent que leur situation financière « va s’améliorer », soit une hausse de 2 points.
A l’inverse dès que l’on passe dans la macroéconomique, rien ne fait rêver. 86 % des cadres (-1 point) envisagent une hausse du chômage et 73 % (- 3 points) s’attendent à une dégradation du niveau de vie en France. Bref, cette classe socio-professionnelle semble rester sourde aux promesses politiques. « Cette situation apparaît radicalement différente de celle des dernières élections en 2007 : le chômage enregistrait alors une baisse, les principaux candidats se positionnaient sur le thème du changement – voire de la rupture – poussant l’indice du moral des cadres à ces niveaux les plus hauts depuis 2004 », résume l’étude.
Lucile Chevalier
*Sondage effectué en ligne du 19 au 28 décembre 2011 auprès d’un échantillon de 400 personnes, représentatif de la population des cadres résidant en France métropolitaine.
Ces articles devraient également vous intéresser :
Les solutions pour financer sa formation continue à moindre coût, via des subventions mais aussi en choisissant l’Université. Enfin, nous revenons sur la question du retour sur investissement de la formation. Un moyen qui permet de maximaliser ses études.