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La reprise amputée par la hausse du chômage

Dernière modification le 16/09/2011, publié par Emploi-Pro.

© DR

Focus  L’OCDE tire la sonnette d’alarme, dans un rapport publié hier. Le contexte économique incertain, la hausse des chômeurs longue durée et un taux élevé de jeunes au chômage ne vont pas faciliter la reprise.

« Le chômage demeure obstinément élevé dans la zone OCDE et les dernières projections économiques laissent à penser que la création d’emplois devrait rester très faible à court terme », alerte l’Organisation de coopération et de développement économique, dans son rapport sur les perspectives de l’emploi en 2011, publié hier. Presque 2 ans ont passé depuis le pic de chômage de la « grande récession d’octobre 2009 ». Et, pourtant, côté emploi, la zone OCDE ne semble toujours rien voir venir. En octobre 2009, le taux de chômage pour les pays membre de l’OCDE était en moyenne de 8,8 %. En juillet 2011, il avait certes baissé, mais si peu, de 0,6 %. En juillet dernier, la zone OCDE comptait encore 44,5 millions de chômeurs, soit 13,4 millions de plus qu’avant la crise. Et l’avenir ne devrait pas être meilleur. La reprise est freinée par un certain nombre de facteurs.

 

Les chômeurs longue durée

« Le risque que le taux de chômage ne s’installe durablement à un niveau élevé s’est accru parallèlement à la forte augmentation du chômage longue durée », analyse l’OCDE. Plus un individu s’écarte longtemps du marché du travail, plus le retour est difficile et le risque de marginalisation et d’exclusion est grand. Aux Etats-Unis, la proportion des demandeurs d’emploi au chômage depuis plus d’un an  a triplé (30 %). Elle est de plus de 40 % en Espagne. L’Allemagne est le seul pays de l’OCDE à avoir vu son chômage de longue durée baisser.

Le chômage des jeunes constitue un 2e frein à la reprise. Ils constituent également une population vulnérable, soumise aux risques de marginalisation et d’exclusion, au même titre que les chômeurs longue durée. Au 1er trimestre 2011, le taux de chômage des 15-24 ans a grimpé à 17,3 % dans la zone OCDE. Et les jeunes n’ayant pas d’emploi, n’étant pas en formation représentent 12,6 % de l’ensemble des jeunes de 15 à 24 ans, pour les 30 pays de l’OCDE pour lesquels l’organisation dispose de données, contre 10,6 % en 2008.

Les ressources publiques sont limitées, mais ce n’est pas pour cela qu’aucune politique active en matière d’emploi ne doit être menée. L’Organisation préconise des mesures assurant un bon rapport coût-efficacité, comme les subventions à l’embauche « bien conçues ». Elles doivent « cibler les populations les plus vulnérables. Autre démarche : l’extension temporaire du dispositif de protection sociale  afin d’ « éviter la pauvreté chez les jeunes chômeurs » conseille le rapport avant d’ajouter : « dans de nombreux pays, il conviendrait d’offrir davantage de possibilités de combiner études et travail par le biais de l’apprentissage. » 

Lucile Chevalier


Et la France ?

Le taux de chômage au sens du BIT a très peu baissé en France. Il était de 9,7 % au 2e trimestre  2011 après le pic des 10 % au 4e trimestre 2009. Sur la même période, dans la zone OCDE, le chômage a baissé à un rythme plus soutenu, passant de 8,8 % à 8,2 %. Et dans l’avenir, la baisse du chômage devrait encore se ralentir en France, pointe la note consacrée à ce pays par l’OCDE. Même si la France a su mettre en place une politique d’indemnisation des chômeurs assez dynamique, il reste des faiblesses structurelles. Avant la crise, environ 40 % des demandeurs d’emploi étaient au chômage depuis plus d’un an, contre 26 % en moyenne OCDE. « Avec la crise, le nombre de chômeurs longue durée s’est accru de près de 30 % », avance la note. A ce premier mal, s’ajoutent des taux d’emplois des jeunes (15-24 ans) et des seniors (55-64 ans) très faibles. Au 1er trimestre 2011, le taux d’emploi des jeunes atteint 29 %, contre 38 % en moyenne dans la zone OCDE. La note alerte aussi sur la « différenciation marquée entre contrats temporaires et permanents qui pourrait accroître la fragilité financière des travailleurs ayant moins de sécurité d’emploi ». L.C.




		


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