

Focus Dans les entreprises qui doivent assurer la continuité du service, vous ferez peut-être partie des équipes soumises à du travail posté et à des astreintes. Ailleurs, vous connaîtrez les horaires habituels de bureau. Partout, vous bénéficierez de la loi sur les 35 heures. De différentes manières.
Les pratiques en matière d’horaires, de rythme de travail et de déplacements sont très disparates, selon les entreprises, le poste et la nature du travail. Vous pouvez commencer à 9 heures dans un cabinet de conseil en environnement, travailler de nuit dans une usine d’incinération, être soumis à des astreintes pour un service de distribution d’eau potable, intervenir sur le terrain, rester au bureau ou passer beaucoup de temps sur la route selon la zone géographique que vous avez à couvrir.
Postes et astreintes
Dans certains métiers liés à l’environnement, on pratique le travail posté. Dans ce cadre, les équipes se relayent afin de permettre à l’outil de production de fonctionner 24 heures sur 24. Les journées de travail d’une équipe sont alors rythmées par huit heures de travail, pendant toute une semaine, aux mêmes horaires. Une première équipe travaille le matin (5 heures-13 heures environ). Une deuxième équipe assure la relève pour la tranche suivante de huit heures (13 heures-21 heures). Elle passera ensuite le flambeau à une troisième équipe en place pour huit heures également (21 heures-5 heures). La boucle est bouclée. Avec trois équipes de huit heures chacune, le service peut fonctionner sans interruption. C’est ce qu’on appelle les « trois-huit ». C’est l’un des systèmes postés les plus répandus dans les entreprises qui se doivent d’assurer la continuité du service. C’est le cas pour Veolia Environnement ou Suez Environnement qui appliquent les deux-huit et les trois-huit dans certaines de leurs usines d’incinération et dans certaines de leurs stations d’épuration.
Il y a également des astreintes. À mi-chemin entre le temps de travail et le temps de repos, l’astreinte est définie comme la période durant laquelle le salarié, sans être à la disposition permanente et immédiate de l’employeur, a l’obligation de rester à son domicile ou à proximité afin d’être en mesure d’intervenir pour effectuer un travail au service de l’entreprise. Le salarié d’astreinte doit être joignable et disponible à tout moment. Cette disponibilité est rémunérée sous forme de compensation pécuniaire ou de temps de repos. L’intervention pendant l’astreinte est comptée comme du temps de travail effectif et rémunérée en tant que tel. Les salariés soumis à une astreinte ont des heures supplémentaires qu’ils peuvent prendre sous forme de repos compensateurs. Mais la contrainte est surtout compensée financièrement, entre 20 % et 25 % de rémunération complémentaire. Chez Suez Environnement, il y a des astreintes dans le monde de l’eau. Elles sont rémunérées pour les non-cadres, de même que les interventions. « Les techniciens en charge de l’exploitation des ouvrages sont soumis à une astreinte une semaine sur quatre, explique Florence Cottin-Nazon, DRH à la Compagnie nationale du Rhône. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons du mal à trouver des techniciens. C’est également un frein pour le recrutement des femmes sur ces métiers de terrain. »
Un autre aspect pouvant rebuter les femmes concerne les déplacements. Voltalia signale, par exemple, que ses métiers en demandent beaucoup. Selon la zone que vous aurez à couvrir, selon votre territoire de responsabilités et vos zones d’influence, vous passerez plus ou moins de temps sur les routes.
Les 35 heures
Depuis dix ans, la durée légale du travail effectif est de trente-cinq heures par semaine (ou mille six cent sept heures par an), pour toutes les entreprises, quel que soit leur effectif. Les heures effectuées au-delà de la durée légale sont considérées comme des heures supplémentaires. Dans les faits, rares sont les salariés qui ne travaillent que trente-cinq heures hebdomadaires.
Concrètement, le salarié peut continuer à travailler trente-neuf heures, mais certaines heures supplémentaires qu’il effectue (quatre heures par semaine) sont cumulées pour être utilisées sous forme de demi-journées ou de journées complètes de repos (jours RTT pour réduction du temps de travail).
Il existe plusieurs formules possibles : trente-cinq heures soit sept heures par jour, cinq jours par semaine, sans jours RTT ; trente-sept heures et demie par semaine et un jour trente-trois de RTT par mois ; trente-neuf heures par semaine et une demi-journée RTT par semaine : trente-neuf heures par semaine et deux journées RTT par mois ; trente-sept heures et demie par semaine et quinze jours RTT par an. L’aménagement des 35 heures s’est fait au cas par cas. Tout dépend donc des négociations qu’il y a eu dans sa branche et son entreprise.
Pour les cadres, la loi sur les 35 heures distingue les cadres « intégrés » (à des équipes) qui sont soumis aux mêmes règles que les autres catégories et les cadres autonomes pour qui elle a créé le forfait jour. Les premiers peuvent donc bénéficier du paiement de leurs heures supplémentaires ou de RTT. Les seconds n’ont, en revanche, pas de référence horaire. Leur forfait, qui fixe le nombre de jours travaillés dans l’année, se substitue, de fait, à la mesure du temps de travail avec obligation de satisfaire à des objectifs assignés, sans cesse croissants et donc de plus en plus difficiles à atteindre.
Étant donné la multitude de conventions collectives, il est difficile de donner un chiffre général sur le nombre de jours RTT pratiqué dans les métiers de l’environnement. « Nous avons 17 conventions collectives dans le groupe et donc différents accords 35 heures, avec des RTT pouvant aller jusqu’à vingt jours », annonce Christian Dapilly, directeur adjoint des ressources humaines de Veolia Environnement, chargé de la formation. Suez Environnement indique de douze à vingt jours de RTT selon les entités. Cari pratique l’annualisation des 35 heures, avec des heures payées ou récupérées au-delà d’un certain nombre d’heures, et un jour de RTT par mois. Les cadres de la Compagnie nationale du Rhône sont également en annualisation et disposent quant à eux de vingt-trois jours de RTT.
Pascale Kroll
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