

Chiffre clé Moins les Français sont satisfaits de leurs bureaux, plus ils sont stressés, souligne une enquête TNS Sofres pour AOS Studley, entreprise de conseil en immobilier d’entreprise.
Monsieur Hulot erre entre des cellules presque monacales. Petits carrés juxtaposés, identiques : un bureau, un ordinateur, des barrières isolantes et règnant seul sur son domaine de quelques mètres carrés, un salarié drapé dans un costume noir. La cellule se reproduit à l’infini, Hulot se perd. Le spectateur panique, peine à respirer dans ce monde du travail impersonnel, fermé et froid des années 1960, que met en scène Jacques Tati dans son film Playtime. Le stress au travail a été mis en lumière depuis quelques années, devenant même le mal suprême des salariés. Des chefs tyranniques poussant à bout leurs subordonnés, les journaux en ont beaucoup parlé lors de la vague de suicides chez France Telecom. Les tâches répétitives perdant leur sens, une organisation au service de la productivité et oublieuse de l’homme, Jean-Robert Viallat l’a filmé dans son documentaire qui lui valut le prix Albert Londres en 2010, La mise à mort du travail. Mais à un peu plus d’une semaine de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, il y a aussi un autre facteur qui joue sur le stress des salariés et qui mérite d’être souligné : l’environnement.
Moins l’on est content de son bureau, plus l’on stresse
Travailler dans un open-space ou un bureau individuel, décoré son bout de table d’images familières ou le laisser nu, se rendre en centre ville ou en grande banlieue, tout cela joue. D’après une enquête de TNS Sofres pour AOS Studley, société de conseil en immobilier d’entreprise, plus l’insatisfaction de son lieu de travail est grande, plus le stress croît.
47 % des salariés interrogés ont déclaré avoir un stress élevé. Ce chiffre grimpe à 67 % pour les salariés n’étant pas satisfaits de leurs bureaux, alors qu’il recule à 38 % pour ceux qui sont bien dans leurs bureaux. Par ailleurs, un peu moins de la moitié (43%) estime que l’aménagement de leur lieu de travail accentue leur niveau de stress.
La localisation des bureaux : un facteur déterminant dans le choix d’un emploi
Les terres où se dressent le grand immeuble, la grande usine joue aussi. Une étude du cabinet Technologia avait souligné l’an dernier à quel point les longs trajets « metro-boulot » pouvaient provoquer chez les franciliens un sentiment de mal-être. « Pour les salariés, seule une marge de plusieurs heures protège du retard. Avec à la clé, une fatigue chronique et un appauvrissement de la vie sociale et familiale. Et le sentiment que les efforts pour bien faire son travail sont toujours plus lourds », avait-il souligné. Du coup, nombreux sont ceux préférant prévenir plutôt que s’épuiser. 98 % des salariés interrogés par TNS Sofres considèrent la localisation des bureaux comme un critère déterminant dans le choix d’un futur emploi.
Lucile Chevalier
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