

Focus Les chefs d’entreprise dans l’industrie et les services ne sont pas plus déprimés en janvier qu’en février, d’après les indicateurs de l’Insee. Pas plus optimistes non plus. La situation reste dégradée.
Les chefs d’entreprises ne broient pas plus du noir en février. Mais ils sont aussi déprimés qu’en janvier. « L’indicateur du climat des affaires en France, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité, est stable en février à 91, toujours en dessous de sa moyenne de longue période (100) » a annoncé l’Insee, dans son étude mensuel parue aujourd’hui. Bref, on est loin de sabrer le champagne dans les entreprises. L’humeur est plutôt à l’attentisme. La situation n’est pas vraiment bonne, et les chefs d’entreprises attendent de voir si cela va encore se dégrader. Dans l’industrie et les services, tel est bien le sentiment qui prédomine. Dans le secteur des services, ainsi, le climat des affaires se maintient depuis décembre à 91 points. Il reste donc en dessous des 100 points, la référence. Le climat est donc passable.
Peu de créations d’emplois prévues dans les services
Pour résumer, il n’y a pas eu de grands changements, pas de dégradation de l’activité, selon les chefs d’entreprises. « L’activité garde le même rythme de progression sur la période récente » souligne l’Insee. Mais, pour l’avenir, ils s’attendent au pire. Ils restent « pessimistes dans leurs anticipation » note l’étude. Ainsi, même si les patrons sont plus nombreux à indiquer qu’ils ont augmenté leurs effectifs au cours des derniers mois, ils anticipent une période de vaches maigres. Les créations d’emploi, dans les prochains mois, devraient être peu nombreuses.
Dans le monde industriel, c’est pareil. La joie n’est pas vraiment de mise. Le moral a même baissé en 2012 par rapport aux derniers mois de l’année dernière. L’indicateur du climat des affaires s’est ainsi stabilisé en janvier et février à 92 points. En décembre dernier, il se situait à 94 et en novembre à 96 points. « 92 points » est toujours « nettement inférieur » comme l’indique l’Insee à sa moyenne de longue période, soit 100 points. Au cours de la crise de 2008, le moral des chefs d’entreprises était certes passé sous la barre des 100, il avait chuté autour des 70 points. Mais, à la fin de l’année 2010, il s’était relevé pour repasser la barre des 100 points. En 2012, il est stable, mais en dessous de la moyenne.
Une activité « peu dynamique dans les prochains mois »
Pourquoi ce pessimisme qui prend racine ? Déjà, parce que les entrepreneurs de l’industrie jugent que leur activité passée a ralenti. Ils ne se retrouvent pas avec plus de stocks sur les bras. Mais ils disposent d’un volume toujours supérieur à la moyenne de longue période. Les carnets de commandes ne se dégarnissent pas plus, mais ne se remplissent pas plus en restant globalement peu étoffés. Par contre, les commandes étrangères, elles, à l’inverse, diminuent considérablement. Voilà pour le constat. Et pour l’avenir, c’est l’autre raison de ce climat plutôt morose, les chefs d’entreprises l’appréhendent. L’Insee anticipe une activité « peu dynamique dans les prochains mois ».
Lucile Chevalier
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