

Focus Le congé individuel de formation offre tout un éventail de perspectives professionnelles aux salariés les moins qualifiés. Selon deux études du Fongecif, cela va du changement de statut à la reconversion.
Envie de changer de métier, de poste, d’entreprise ou de rémunération ? Le congé individuel de formation (CIF) est un bon moyen de réaliser ses ambitions, d’après deux études réalisées pour des Fongecif régionaux*, organismes paritaires qui collectent et gèrent les fonds destinés à financer des CIF.
Un peu moins des 3/4 des salariés ayant pris un CIF en 2007 avaient en 2009 changé de situation, d’après la première étude réalisée en Ile-de-France. C’est un quart de plus par rapport à la précédente enquête réalisée en 2006. Parmi ces bénéficiaires de l’évolution du parcours professionnel, le quart avait changé d’établissement ou d’entreprise, 38 % de métier, et 31 % ont vu leur salaire augmenté d’au moins 10 %. Et pour près des 3/4, ces transformations étaient celles souhaitées au moment où ils sollicitaient un congé de formation.
CIF prisé par les populations peu qualifiées
Un bon outil d’évolution professionnelle mais pas seulement. Ce congé présente un autre intérêt de taille : il est accessible aux populations peu qualifiées qui ont moins accès aux formations dans les entreprises. Il est dès lors prisé par ces catégories. Près de la moitié des personnes ayant pris un congé se concentre, d’après la seconde étude réalisée pour les Fongecif d’Alsace, de Bretagne et de Rhône-Alpes, sur cinq métiers : chauffeur, secrétaire assistant, ouvrier en industrie mécanique, magasinier ou manutentionnaire et caissier. Les domaines les plus demandés pour une formation sont le transport (25 % des demandes), santé et travail social (17 %) et bâtiment (10 %).
Reconversion ou qualification
L’étude distingue deux types de stratégie. Il y a ceux qui utilisent le CIF pour gagner en qualification et s’éloignent peu de leur métier d’origine. L’exemple type est le chauffeur livreur qui devient conducteur routier. Et il y a les autres, qui font table rase du passé, et voient le CIF comme un moyen de commencer un tout autre métier. Les ouvriers en industrie mécanique, les agents de sécurité, les télévendeurs, sont des professions particulièrement marquées par ce choix radical. Le rejet du métier d’origine guide en général ce désir de changement. Les choix de reconversion sont alors très diversifiés, mais exigent surtout un plus grand investissement pour le candidat. Alors qu’ « un programme de qualification pour un bac +3/4 met 237 jours, un programme de reconversion en met 330, soit 93 jours de plus », précise l’étude. Mais ce grand bouleversement n’arrive, semble-t-il, qu’après une première vie professionnelle bien remplie et plutôt longue. En moyenne, les salariés prennent un congé de formation 14 ans après avoir commencé à travailler.
Lucile Chevalier
* La première enquête a été menée par le centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) pour le compte du Fongecif d’Ile-de-France auprès de plus de 4 000 salariés ayant pris un CIF en 2007. La seconde a été réalisée pour l’Alsace, la Bretagne et Rhône-Alpes. Elle porte sur le profil des salariés formés et des formations.
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