

Focus Les diplômés de lettres et de sciences humaines sont nettement moins bien chouchoutés dans le secteur privé que leurs homologues d’économie, de droit ou les diplômés en sciences dures, d’après une étude du Cereq.
Ils ne sont pas plus bêtes que les autres, ont un projet professionnel bien défini. Et pourtant ils sont nettement moins bien chouchoutés dans le secteur privé que leurs homologues d’éco-gestion, d’ingénierie ou de droit. Telle est l’enseignement principal d’une étude du Cereq, le Centre d’études et de recherches sur les qualifications menée auprès d’un échantillon de jeunes diplômés en 2004 de lettres ou de sciences humaines (LSH), d’éco-gestion, de droit, ou de sciences dures.
« Seulement la moitié des docteurs en lettres occupent un poste de cadre, 3 ans après leur sortie, alors que c’est le cas pour 90 % des docteurs en droit-économie-gestion ou en sciences dures », souligne ainsi l’étude. Mais il n’y a pas que cela. Les littéraires et historiens sont aussi moins bien pourvus en CDI et leurs salaires nettement moins élevés. Le salaire net mensuel médian des docteurs es lettres s’élève à 1 600 euros, contre 2 100 euros pour les docteurs en droit-économie-gestion et 2 400 euros pour les docteurs en sciences dures.
Les diplômés de LSH boudent aussi ce secteur
Pour le Céreq, cette inégalité de traitement relève d’une méconnaissance du secteur privé des filières de lettres et de sciences humaines. Si les littéraires acquièrent bel et bien tout au long de leur étude des compétences et des aptitudes qui peuvent intéresser les recruteurs du public comme du privé, encore faut-il que les entreprises soient en mesure de les connaître puis de les reconnaître, en termes de conditions d’emplois. Ce mur n’a pas été uniquement édifié par les recruteurs du privé. Les diplômés de LSH boudent aussi ce secteur. Bachot en poche, la moitié des futurs étudiants qui choisissent les filières de lettres et de sciences humaines savent quel métier ils veulent faire. Et parmi eux, la moitié veut être prof. Et tout au long des études, cet attrait pour la fonction publique grandit et se confirme à leur sortie. Trois ans après avoir obtenu leurs diplômes, la moitié d’entre eux travaillent pour l’Etat ou les collectivités locales, une proportion deux fois plus importante que pour les diplômés de droit-économie-gestion.
Lucile Chevalier
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