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Le prix des logements a plombé le pouvoir d’achat des accédants à la propriété

Dernière modification le 27/05/2010, publié par Emploi-Pro.

© Sebastian Niedlich

Focus  C’est une étude de l’Insee qui a de quoi dégoûter les salariés mais ravir les propriétaires immobiliers. Selon l’institut, dans les années 2000, le prix des logements anciens ont « augmenté beaucoup plus vite que les loyers et les revenus ».

L’Insee vient de publier une petite étude sur le prix des logements anciens qui a eu de grandes conséquences sur le pouvoir d’achat et le moral des salariés français non propriétaires. Selon Catherine Rougerie et Jacques Friggit, le prix des logements anciens ont doublé entre janvier 2000 et janvier 2007. Ce qui signifie qu’un appartement de 100 000 € au début du millénaire valait 200 000 € 7 ans plus tard. Pour les statisticiens, le phénomène a « suivi sensiblement les mêmes inflexions en province et en Île-de-France. Quelle que soit la localisation, les rythmes de hausse ont été soutenus mais ils l’ont été davantage dans certaines zones ». Ainsi, de 2000 jusqu’au début de 2004, dans les agglomérations de plus de 10 000 habitants, les appartements en banlieue ont augmenté plus vivement que dans les villes-centres ; alors que les prix avaient augmenté particulièrement vite à Paris en 1999 et 2000, la hausse a été plus forte en banlieue parisienne à partir de 2004, et plus encore en grande couronne qu’en petite couronne de 2005 à fin 2006. Au total, c’est à Marseille que la hausse a été la plus forte : les prix y ont été multipliés par 2,7 fin 2007 par rapport au quatrième trimestre 2000, contre 2,5 à Lyon, et 2,1 en Île-de-France. Dans le même temps, les hausses de loyer ont été moins fortes avec une augmentation moyenne de 24 %.

 

Solvabilité des ménages accédants

Pendant cette hausse du prix des logements anciens, le revenu disponible par les foyers est passé de 37 473 € en 2000 à 45 800 € en 2007, soit une hausse de 22 %. Conclusion des statisticiens : « Entre 2000 et 2008, la croissance du prix des logements beaucoup plus rapide que celle des revenus a dégradé la solvabilité des ménages accédants ». Pour acheter le même logement ancien, avec le même taux d’effort initial et avec le même apport personnel en proportion du revenu, « un ménage qui se serait endetté sur 14 ans en 2000 aurait dû s’endetter sur 27 ans en 2006, poursuivent-ils. Et 31 ans en 2008 (24 ans en 2009 grâce à la baisse du prix des logements et à la diminution des taux d’intérêt) ».

 

Gwenole Guiomard


		


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