

Chiffre clé Selon l’Apec, le nombre de recrutement de cadres devrait passer de 199 400 embauches en 2008 à 165 100 en 2009. Soit une baisse de 17 %. La reprise est prévue pour 2013. La fonction R&D devrait représenter la fonction refuge avec l’informatique. La crise est cependant moins forte que les précédentes.
C’est un coup de frein historique. Selon le « Panel entreprise » de l’Apec paru le 12 février, le nombre de recrutements de cadres devrait baisser de 17 % entre 2008 et 2009. Sous l’effet de la récession, le nombre d’embauches s’établira autour de 165 000 postes en 2009 contre 200 000 seulement un an plus tôt, soit une chute de 35 000 postes.
C’est une mauvaise nouvelle pour l’économie française en général et les intermédiaires du recrutement en particulier. Ce « coup de frein », comme le signale l’Association pour l’emploi des cadres, concernera avant tout l’Industrie, le commerce et la construction. Les principales fonctions touchées seront les commerciaux, pourtant moteur traditionnel du recrutement en France. Les fonctions « services Techniques » et finance seront aussi touchées.
L’Ile-de-France (avec une baisse du nombre de recrutements de cadres de l’ordre de 17 %), la Picardie (une baisse prévue de – 17 %), la Haute Normandie (- 15 %), le Midi-Pyrénées (- 23 %) et l’Aquitaine (- 7%) devraient s’en sortir mieux que les autres. En revanche, les régions Alsace avec une baisse du nombre de recrutements de cadres de l’ordre de 40 % et Basse Normandie (une baisse prévue de – 31 %) devraient être celles qui souffrent le plus. Pour visualiser la carte de France des régions recrutant des cadres, cliquez ici.
Cette crise est moins importante que les précédentes
Pourtant, malgré ce contexte difficile, de nombreux signaux reflètent de véritables raisons de rester serein. Ainsi, la fonction recherche et développement – un signe de l’optimisme et du futur - deviendrait la fonction qui soutient le marché. C’est aussi le métier qui recrute traditionnellement les jeunes diplômés. Ainsi, 30 000 cadres devraient y être embauchés en 2009, soit un recrutement de cadres sur 5. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la fonction informatique qui tire le recrutement vers le haut depuis plus de dix ans résisterait aussi. « Sur le plan sectoriel, poursuit l’Apec, les « Etudes techniques Ingénierie » et les « Activités informatiques » devraient se maintenir également, constituant un socle solide à une future sortie de crise ». Car tout laisse à penser que les entreprises souhaitent investir dans l’avenir pour prendre, en premier, le train de la reprise.
Ce dernier devrait entrer en gare vers 2013 pour un véritable redémarrage du recrutement des cadres. Selon l’Apec, le nombre de recrutement des cadres en 2010 devrait ressembler à celui de 2009 (environ 165 000 recrutements annuel). En 2010, 2011 et 2012, ce chiffre devrait stagner autour des 160 000 pour recommencer à augmenter en 2013, où il retrouvera le niveau de 2008, soit près de 200 000 recrutements par an.
Enfin, pour relativiser les effets de cette crise, il faut comparer les chiffres de recrutement 2009-2012 avec ceux des dernières grandes crises de 2001 et 1991. Au début des années quatre-vingt-dix, le nombre de recrutements des cadres était tombé à 71 160 annuel. En 2002, au plus fort de la crise, ce chiffre était de 142 400. Pour visualiser les courbes des recrutements des cadres sur les 20 dernières années, cliquez ici.
Bref, crise, il y a. Mais cette crise est moins importante que les précédentes. Tout cela s’explique avant tout par le fort nombre de départs à la retraite des cadres (plus de 60 000 départs par an jusqu’en 2013) et par le développement de l’encadrement dans l’économie française. De plus, malgré la baisse du nombre de recrutés cadres, le taux de chômage de cette catégorie professionnelle ne devrait pas dépasser les 5 %. Soit quasiment le plein emploi.
Gwenole Guiomard
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