

Focus Le marché du recrutement a cela de paradoxale en ces temps de crise qu’il favorise l’embauche des cadres supérieurs et hauts dirigeants. Une étude de l’association mondiale des chasseurs de tête vient corroborer cette état de fait.
Ils sont riches. Certains sont beaux. Ils vous dirigent et ils ne connaissent pas la crise. Les cadres de haut niveau et les dirigeants se portent à merveille. Merci pour eux. Ils ont relativement bien traversé les tempêtes économiques de 2008 et sont en bonne position pour celles de 2011. Une étude de l’AESC (Association of executive search consultants) ( www.aesc.org) publiée début août vient faire le point sur l’embauche des salariés et des dirigeants percevant plus de 80 000 euros brut par an. Selon cette association représentant le gotha des chasseurs de tête de la planète, le 2e trimestre 2011 a été excellent pour l’embauche des managers de haut niveau. Ces embauches se sont développées “dans l’ensemble des régions du monde avec une vigueur particulière dans les pays émergeants”, note cette publication en anglais “Strength of demand for executive talent continues ”. Ainsi, la croissance des missions entre le 2e trimestre 2010 et le 2e trimestre 2011 a été de 8 % tous pays confondus. Les secteurs qui ont le plus recherché de cadres de haut niveau sont les services financiers avec une hausse en un an de 19 %, la grande consommation (+ 7, 2 %), l’industrie (+ 6, 1 %) et les sciences de la vie/santé (+ 2, 4 %). Seules les hautes technologies sont en déclin avec une baisse des missions en un an de 3 %.
Une certaine habitude des crises
Pour le président de l’AESC, l’Américain Peter Felix, le marché du recrutement des hauts cadres devrait “bientôt dépasser les résultats de 2008, meilleure année des recrutements” depuis que l’association existe (1959). Le nombre de missions a, de plus, été particlièrement important en Amérique centrale et Amérique du Sud mais a connu une demande peu soutenue dans les marchés matures que sont la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou la France.
Bien évidemment, ces résultats ont été analysés avant les turbulances économiques de ce mois d’août. Qu’en est-il pour les prochaines semaines ? “ En août 2007, nous avons connu le même problème, conclut Aymeric Lepoutre, de Spencer Stuart Paris, l’un des plus gros cabinets de chasse de tête français. Nous avions subi un ralentissement en septembre. Pour l’instant, on est dans la crise et en vacances. On peut envisager deux scénarios. Le premier est celui de 2007-2008 avec une rentrée très dure et une baisse des recrutements. Le second est celui intégrant une certaine habitude des crises. C’est notre 3e problème en moins de 10 ans. On va donc peut être s’y habituer avec une gestion de crises très rapprochées sans grande incidence sur le recrutement des cadres de haut niveau ”.
Gwenole GuiomardCes articles devraient également vous intéresser :
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