

Focus Les activités des entreprises adaptées se diversifient. Cela induit un plus grand besoin de formation pour ses salariés.
900 millions d’euros, c’est le chiffre d’affaires annuel moyen réalisé par les 650 entreprises adaptées, estime une étude Opcalia, 3 e acteur national en matière de gestion de la formation professionnelle. Ces entreprises ont un rôle spécifique : permettre à des personnes reconnues travailleurs handicapés d’exercer une activité professionnelle salariée dans des conditions adaptées à leurs besoins. Elles emploient ainsi d’après l’étude 84 % de travailleurs handicapés. Et depuis 2010, elles ont la côte, et cela dans tous les secteurs, aussi bien pour des tâches liées aux travaux paysagers, qu’à la blanchisserie, au nettoyage, à la mécanique, pour la logistique, l’électricité, le traitement des déchets, le BTP ou l’imprimerie.
Comment expliquer cet engouement ? Principalement par la peur du gendarme. La loi du 10 juillet 1987 oblige en effet les entreprises d’au moins 20 salariés à employer des personnes handicapées à temps plein ou partiel dans la proportion de 6 % de l’effectif. Une loi vieille certes de près d’un quart de siècle, mais depuis 2010 les sanctions pour n’avoir pas obéi sont beaucoup plus sévères. L’employeur fautif, en guise de pénalité, doit verser au Trésor public un montant atteignant 1 500 fois le Smic honoraire par bénéficiaire manquant, soit 13 230 euros pour 2010. Alors pour remplir leur quota, beaucoup de sociétés ont recours aux entreprises adaptées (EA) qui mettent à leur disposition, avec l’accord des salariés concernés et en vue d’une embauche éventuelle, des travailleurs handicapés.
« La sous-traitance proposée par les EA, et à laquelle les entreprises font de plus en plus appel, entraîne la nécessité de former les travailleurs handicapés qu’elles emploient pour être au plus près des besoins actuels et répondre ainsi à leur volonté de les intégrer professionnellement », analyse Aurélien Chopinaud, secrétaire général de l’Union nationale des entreprises adaptées (UNEA). Les EA consacrent aujourd’hui 192 000 heures de formation à ces salariés, soit 9,2 heures en moyenne par an et par tête. Un volume qui devrait être plus « important » estime l’étude Opcalia « pour faire face aux besoins croissants d’adaptation et de polyvalence de ces travailleurs ».
Lucile Chevalier
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