

Focus Remplacement des départs à la retraite, développement des forces commerciales, commandes à honorer… Malgré la crise, beaucoup d’entreprises poursuivent leurs recrutements. Tour d’horizon des métiers et des employeurs qui embauchent cette année.
La crise n’aura pas empêché les Français de se nourrir, de s’habiller ni de se soigner ou de se chauffer. Les entreprises qui produisent des biens ou des services vitaux ou jugés indispensables ont donc été relativement préservées en 2009. Mieux, certains secteurs ont éprouvé des difficultés à embaucher. L’année 2010 s’annonce similaire, puisque les économistes se plaisent à rappeler que le vrai retour de la croissance est attendu pour 2011.
Les secteurs qui recrutent massivement
En 2010, la banque reste le premier recruteur avec, en tête, le Crédit Agricole qui embauchera 4 000 personnes dont 700 cadres. Le départ à la retraite de 30 % de salariés, les prochaines années, génère en effet des recrutements massifs. C’est également le cas dans les assurances : 30 % des salariés auront 60 ans d’ici à 2014. Les entreprises du secteur énergie ne craignent pas non plus d’afficher d’ambitieux plans de recrutements cette année (13 600 recrutements chez GDF-Suez). Elles doivent aussi compter avec les jeunes pousses du développement durable pour attirer les meilleurs talents. Premier secteur industriel français et second employeur, l’agroalimentaire connaît toujours une forte pénurie de candidats. Le secteur de la distribution reste fidèle à sa réputation de grand pourvoyeur d’emplois, même si cela a été dans une moindre mesure depuis 2008. Selon l’enquête « Besoins en main-d’œuvre 2009 », réalisée par Pôle emploi et le Crédoc, les métiers des services aux particuliers (employés et agents de maîtrise de l'hôtellerie, animateurs socioculturels, cuisiniers…) et des services aux entreprises (agents d'entretien, secrétaires et assistantes…) figurent parmi les postes les plus prisés par les employeurs. Veolia Environnement, leader dans le secteur du service aux entreprises, compte ainsi embaucher 10 000 personnes en 2010.
Les profils expérimentés
En 2010, l’avenir appartiendra aux profils confirmés. Dans une situation encore tendue, les entreprises hésitent à recruter des jeunes diplômés, seules 23 % d'entre elles envisageraient de le faire. Selon la dernière enquête Apec sur l’emploi des cadres en 2010, quelque 120 000 jeunes devraient sortir de l'enseignement supérieur cette année. Mais 23 000 postes uniquement leur seraient réservés. Il y a deux ans, les entreprises enrôlaient beaucoup plus de cadres débutants (près de 45 000). Cette année, elles privilégient plus que jamais l’opérationnalité immédiate des personnes expérimentées. Les cadres confirmés représenteront de 54 à 55 % du recrutement total (de 69 600 à 77 800 embauches sur les 130 000 à 138 000 prévus).
Les fonctions commerciale et informatique
Toutes les fonctions ont été affectées par la dégradation du marché, à l’exception notable des fonctions commerciale et informatique, indique l’enquête Apec. Quel que soit le domaine d’activité, la fonction commerciale reste en effet très courtisée. Elle est plus que jamais le nerf de la guerre. En ces temps d’incertitude, les entreprises veulent maintenir leur chiffre d’affaires, écouler leurs stocks, gagner et conserver leurs clients. Ce sont donc naturellement les métiers qui présentent les perspectives les plus dynamiques pour cette année. L’Apec a ainsi noté que les cadres commerciaux ont mieux traversé la crise que les autres fonctions cadres. Plus précisément, les cadres commerciaux travaillant dans l'import-export étaient plus à plaindre que ceux qui servaient l’informatique, l’audit-conseil, la banque, l’assurance et la grande distribution. La fonction commerciale recruterait de 28 400 à 30 700 personnes en 2010 ; la fonction informatique, de 21 800 à 24 000 personnes. La fonction recherche et développement tire également bien son épingle du jeu. Les embauches pourraient y rester stables et représenteraient près d’un recrutement sur cinq du total réalisé sur le marché. Notons un engouement pour les fonctions liées au développement durable ou au contrôle de gestion.
Pascale Kroll
- L’intérim : les secteurs traditionnellement très sensibles à la conjoncture et qui utilisent beaucoup de main-d’œuvre sont les plus lésés. L’intérim, surreprésenté dans certains secteurs sinistrés (automobile, équipement mécanique, BTP, transports), a ainsi connu son annus horribilis l’an passé. Le syndicat patronal Prisme indique une chute de 28,7 % du nombre d’intérimaires en 2009 par rapport à 2008.
- L’industrie : touchée de plein fouet par la crise, l’industrie recrutera malgré tout, mais dans une moindre mesure. En 2009, selon l’UIMM, le secteur devait recruter 75 000 personnes (contre les 100 000 embauches annuelles annoncées en 2007 par l’Observatoire prospectif et analytique des métiers et qualifications de la métallurgie). L’automobile a été touchée de plein fouet, entraînant avec elle les entreprises de transport liées à son activité.
- Les jeunes diplômés : première variable d’ajustement en temps de crise, les jeunes diplômés ont même revu à la baisse leurs salaires d’embauche. La promotion 2010 devrait, comme la précédente, faire les frais de la politique de recrutement actuelle. Leurs embauches pourraient chuter de 20 à 27 %.
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