

Focus Métiers purement environnementaux, postes liés au développement durable, fonctions qui se « verdissent »… On peut travailler dans le domaine de l’environnement dans de nombreux secteurs d’activité. La palette des métiers verts est extrêmement large.
Sur les 60 000 postes occupés par les salariés d’EDF, 17 000 ont été identifiés comme étant des postes liés à l’environnement. On pense spontanément aux ingénieurs ou aux techniciens environnement qui assurent la sécurité des centrales nucléaires. Mais les commerciaux d’EDF doivent aussi maîtriser les problématiques d’économie d’énergie. De même, dans le secteur de l’automobile, le développement de véhicules plus écologiques engendre l’apparition de nouvelles fonctions, comme celles d’ingénieurs systèmes sur automobiles hybrides. Les métiers se transforment aussi dans le bâtiment, où les ingénieurs et les techniciens doivent désormais intégrer les critères de performance énergétique dans leurs activités. Même dans les banques, les conseillers clientèle proposent des prêts pour financer des projets environnementaux. Çà et là, les métiers se verdissent tandis que de nouvelles fonctions apparaissent. Toutefois, parmi ces emplois, ceux qui sont liés à la nature restent rares. « Les postes entièrement dédiés à la biodiversité sont peu nombreux, avertit le réseau TEE (Territoires, environnement, emplois) Ile-de-France. De plus, l’engouement pour les métiers de la nature tient à une image idéalisée. Bon nombre de professionnels y travaillent cependant en milieu fermé : chargés de mission, chefs de projet et responsables. Certains emplois sont accessibles uniquement sur concours et les contrats sont souvent précaires. » Autre donnée à prendre en compte : la majorité des postes environnementaux sont à faible qualification, comme l’installateur de panneaux photovoltaïques ou l’agent de déchetterie. Qu’ils soient plombiers, chauffagistes ou maçons, les artisans sont également de plus en plus amenés à prendre en compte les thématiques environnementales dans leur activité.
Si tous les profils sont concernés par les enjeux du Grenelle, ce sont néanmoins les profils techniques qui ont le plus de chances d’occuper un emploi vert. « Alors que les entreprises recrutaient des profils marketing ou communication qui avaient “la charge” de faire du développement durable (ou du greenwashing), on constate actuellement une tendance à recruter des profils qualité pour ces postes, ces derniers devenant toujours plus naturellement les chevilles ouvrières du développement durable en interne des entreprises », explique Didier Bergeret, directeur du développement durable et des achats de GIE Alliance Gestion.
Les fonctions à bac + 2-3
Techniciens en maintenance sur les parcs éoliens, techniciens de traitement des eaux, techniciens en mesure de la pollution, les postes à bac + 2-3 ne manquent pas. Les formations techniques comme les BTS, les DUT et les licences professionnelles sont particulièrement prisées car les diplômés sont rapidement opérationnels, surtout s’ils ont suivi une option environnementale. Un bac + 2 en électricité, génie climatique ou mesures physiques complété par une licence professionnelle en mesures de la qualité des milieux ou en contrôle de la pollution est, par exemple, un bon moyen d’obtenir un poste de technicien. Dans le secteur du bâtiment, « le Grenelle de l’environnement engendre de nouveaux besoins pour les entreprises en matière de compétences. Les jeunes qui ont suivi une licence professionnelle dans le bâtiment ou le génie civil avec une option environnementale n’auront pas de mal à trouver un emploi », assure Armel Le Compagnon, le président de la Commission nationale de la formation à la Fédération française du bâtiment.
Les fonctions à bac + 5 et plus
Dans son étude parue en début d’année, le cabinet de recrutement Michael Page identifiait 17 « emplois verts » figurant parmi les profils les plus recherchés par les entreprises. Parmi eux, il y avait une majorité de postes à bac + 5 et plus, comme l’ingénieur en efficacité énergétique des bâtiments, l’expert bilan carbone ou le chef de projet en hydraulique fluviale. Autres métiers qui ont la cote : le responsable HQSE (Hygiène qualité, sécurité, environnement), l’ingénieur en génie civil ou en génie hydraulique. Ce sont les diplômés d’écoles d’ingénieurs qui ont le plus de chances d’obtenir ces postes, surtout s’ils ont suivi une spécialisation en environnement, qualité, énergie… Du côté du développement durable, entreprises et cabinets de conseil recherchent également des profils à bac + 5 (majoritairement issus des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs, les candidats peuvent aussi avoir suivi des formations de sciences politiques ou être titulaires de masters universitaires).
Isabelle Fagotat
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