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Les jeunes ruraux choisissent des études courtes et professionnelles

Dernière modification le 07/11/2011, publié par Emploi-Pro.

© DR

Focus  Les jeunes ruraux et jeunes urbains ne voient pas les études du même œil. Les rats des champs sont attirés par les cursus professionnels, les études courtes et ont des ambitions scolaires plus réduites, relève le Cereq dans une étude publiée la semaine dernière.

Dis-moi où tu vis, je te dirai le diplôme auquel tu aspires. La question du territoire et de son impact sur les parcours éducatifs est loin d’être une problématique nouvelle. Mais bien souvent, chercheurs et journalistes, se sont souvent concentrés sur le cas des jeunes issus des quartiers défavorisés. Le Céreq, dans un Bref, publiée la semaine dernière, a, pour sa part, voulu se pencher sur ces jeunes issus des campagnes. Ici, aussi, l’environnement joue. Entre rats des villes et rats des champs, les parcours scolaires différent sensiblement. Ceux « des jeunes ruraux se distinguent de ceux des urbains par des études moins longues, une préférence marquée pour le professionnel, des ambitions scolaires plus réduites », pointent Yvette Grelet et Céline Vivent, auteurs du Bref.

 

Plus c’est court, mieux c’est

Les jeunes hommes issus des campagnes se destinent ainsi plus volontiers que leurs homologues des villes, à des métiers du BTP et de la mécanique (automobile et maintenance). Les filles, originaires de milieux ruraux, choisissent, quant à elles, les spécialités du secteur sanitaire et social et des services à la personne. Fille ou garçon, pour se former à un métier, ces jeunes ruraux se dirigent plus volontiers vers les filières   technologiques courtes. 47 % des jeunes ruraux s’inscrivent dans un DUT ou BTS contre 38 % pour les urbains. La profession des parents et le milieu social ne font rien à l’affaire : dans les zones rurales, on préfère les cursus courts et professionnels. Côté ville, quand le père occupe un poste de cadre ou de profession intermédiaire, le bachelier s’oriente plus souvent vers les classes préparatoires aux grandes écoles ou vers l’université. Côté campagne, le bachelier optera pour les IUT. « Les jeunes ruraux ne se voient pas entreprendre des études de longue durée : l’âge considéré comme souhaitable pour arrêter les études augmente avec la taille de la commune de résidence », pointe l’étude.

 

Une offre de formation moins diversifiée

L’environnement joue un grand rôle dans cette approche. Le futur étudiant se dirige vers un métier qu’il connaît plus volontiers et qu’il a pu côtoyer. « Ainsi, les enfants de cadres vont être plus tentés par le métier d’agriculteur lorsqu’il vivent à la campagne que lorsqu’ils vivent en zone urbaine » relève le Céreq. L’environnement scolaire joue aussi. Les jeunes découvrent les possibles formations et métiers au collège. Et si l’on prend l’exemple de la Basse-Normandie, force est de constater que l’offre de formation est moins diversifiée. « Les options sportives ou artistiques, ou encore les langues rares sont quasiment inexistantes dans l’espace rural régional. Par exemple, les sections européenne ou bilingues, présentes dans 50 % des collèges urbains, ne le sont que dans 23 % des établissements ruraux », indique l’étude.

Et il y a, enfin, la question de la mobilité. Pour poursuivre des études, les jeunes ruraux doivent quitter leur lieu de résidence pour s’installer dans les métropoles où sont logés les établissements d’études supérieures. Cette mobilité a un coût qui peut dès lors être un frein. Le Céreq propose ainsi pour encourager la poursuite d’études des jeunes ruraux de développer les aides au logement et à la mobilité.

Lucile Chevalier

 

 

 

 




		


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