

Focus Dans le secteur de l'environnement, le cadre de travail diffère selon que vous travaillez, par exemple, dans les bureaux feutrés des cabinets de conseil ou sur le terrain dans des usines. Les entreprises soignent leur image de pollueurs en s’investissant dans l’engagement citoyen et le respect de l’environnement.
Les entreprises du secteur sont-elles des entreprises où il fait bon travailler ? Pour le savoir, il existe de multiples critères à analyser. Nous en avons choisi trois qui nous paraissaient importants : l’ambiance de travail, la typologie des collègues et la question de l’éthique (un salarié peut-il se sentir fier d’œuvrer dans ce secteur et d’appartenir à son entreprise ?). Cette dernière question englobe l’engagement citoyen, et plus généralement la RSE (responsabilité sociétale des entreprises).
Ambiance et cadre de travail
On trouve de tout dans les métiers de l’environnement. Dans les bureaux des grandes entreprises, les salariés disposent d’un cadre de travail agréable, avec des facilités appréciables mêlant cafétéria, services à la personne, voire séances d’ostéopathie pour Cari. Sur le terrain, c’est-à-dire sur les sites industriels, les ingénieurs portent le casque et les chaussures de sécurité. L’ambiance est studieuse dans les bureaux d’études de dimension familiale. « Avec l’encadrement de chantiers et le suivi d’études, chaque journée compte, explique Jérôme Valina, créateur du site www.orientation-environnement.com et consultant spécialisé dans l’environnement, l’aménagement et le développement de territoire. Les collaborateurs sont motivés car ils sont en contact direct avec leur boss. Mais la pression du manager pour l’obtention de marchés publics peut être contagieuse. S’y ajoute le stress lié au suivi de travaux. »
Dans le service public, la restructuration des différents services a un impact sur l’ambiance de travail. « Nous avons des difficultés à bien identifier les attributions des services, note un salarié d’une Dreal. Le Parc national de France va créer une agence de la nature, et on va de nouveau fusionner des services séparés. Comme dans toute restructuration, il y a des mutations de personnel. Nous sommes dans une phase transitoire qui peut déstabiliser et créer des tensions. On nous demande davantage de mobilité. Le fonctionnaire aura trois choix, après il sera remercié. »
Encore loin de la parité
Le personnel féminin ne constitue pas la majeure partie du bataillon. Non pas que le travail requiert une force physique incroyable ou que le secteur souffre de quelque xénophobie ou préjugé à l’égard du deuxième sexe. Mais le secteur est largement technique et les jeunes filles délaissent les filières scientifiques. Il y a aussi de la mauvaise volonté d’embaucher et de promouvoir les femmes. Mais certains se soignent. Voltalia annonce 15 % à 20 % de femmes. La Compagnie nationale du Rhône (19 % de femmes dans ses effectifs) s’est engagée à accroître cette proportion dans certains métiers, en privilégiant la candidature d’une femme à compétence équivalente. « Les femmes représentent 13 % à 14 % de notre effectif contre 9 % à 10 % dans le secteur du bâtiment, s’enorgueillit Robin Sappe, directeur développement des ressources humaines de Cari – l’entreprise a reçu le prix spécial du jury « Bâtir au féminin » de la Fédération française du bâtiment. Nous valorisons les équipes qui intègrent des femmes, par exemple en mettant en valeur les équipes de chantier dans nos magazines internes. »
Diversité, où es-tu ?
En matière d’embauche de personnes handicapées, les entreprises liées à l’environnement, comme dans beaucoup d’autres secteurs, sont largement loin du compte. Les entreprises de plus de 20 salariés sont pourtant tenues à une obligation d’emploi d’au moins 6 % de personnes handicapées dans leur effectif. Bien inscrite dans leurs valeurs et bien affichée dans la politique de diversité des entreprises, l’insertion des personnes handicapées fait encore défaut sur le terrain. Les entreprises ont cependant lancé des initiatives intéressantes en ce sens, mais plus largement pour la diversité, en direction des jeunes en difficulté, des seniors, etc. Par exemple : GDF Suez a conclu, à la fin mars, un accord prévoyant l’augmentation de 30 % de la proportion des salariés de 55 ans et plus à l’horizon 2012. La Compagnie nationale du Rhône a recruté cinq personnes handicapées en CDI en 2009. De plus, elle développe des partenariats avec des Esat (Etablissements et services d’aide par le travail) et possède une quinzaine de collaborateurs parrainant des jeunes issus de banlieues.
Éthique et responsabilité sociétale
Aujourd’hui, les entreprises ont toutes intégré, avec plus ou moins d’importance, la notion de développement durable dans leur stratégie. C’est essentiel pour des questions d’éthique, mais aussi pour améliorer leur image de marque et attirer les candidats. Des stratégies et des initiatives heureuses en matière d’engagement citoyen, de respect de l’environnement et de responsabilité sociale ont été mises en place.
Ainsi, EDF a créé un espace santé à la centrale de Golfeche. Des médecins y prescrivent des exercices et il y a une salle de sport. L’entreprise a signé un accord de sous-traitance socialement responsable afin de permettre le respect des contrats de salariés embauchés par ses sous-traitants et des conditions de vie de leurs salariés. Elle s ’est en outre donné pour priorité de « rester le moins émetteur de CO 2 des grands énergéticiens français » et publie sur son site des informations concernant l’impact environnemental de ses installations. Veolia Environnement s’illustre, quant à elle, sur des questions d’implication sociale. « Nous avons une diversité de projets sans commune mesure avec les autres entreprises du secteur car nous sommes une entreprise de territoire, avec des missions de services, c'est-à-dire des missions techniques menées avec autonomie et esprit d'initiative, mais aussi des engagements sociaux », souligne Christian Dapilly, son directeur adjoint des ressources humaines, chargé de la formation, qui énumère les fondations dans les quartiers en difficulté, le travail avec l’association de la seconde chance et sa participation à des événements culturels, sportifs et associatifs. La fondation Cari intervient sur la solidarité, l’environnement et la culture, en faisant participer ses collaborateurs à des actions telles que la collecte de vêtements pour les plus démunis, l’envoi de dons pour des maisons d’accueil d’orphelins à Haïti. Eole-res, spécialisée dans la réalisation de centrales éoliennes, a mis en œuvre des plans d’action pour la protection de l’environnement pour chacun de ses projets. Son siège social se veut une référence dans la conception d’architecture durable et toute l’énergie nécessaire est fournie par des sources renouvelables situées sur le site.
Pascale Kroll
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