

Focus Victime du papy-boom, le secteur de l’assurance accueille avec soulagement les jeunes diplômés. Niveau requis : Bac + 2. Profil commercial privilégié.
Recherche jeunes désespérément ! Le secteur de l’Assurance a pendant longtemps souffert d’une image peu glamour. Presque poussiéreux, le métier n’attirait pas les jeunes. En 2009, d’après le dernier rapport de l’Observatoire de l’évolution des métiers du secteur (Oema), les moins de 30 ans ne représentaient que 15,7 % des effectifs, presqu’autant que les seniors. Les 55 ans et plus comptaient, en effet, pour 14,5 % des effectifs. Départs à la retraite, et renouvellement des métiers obligent, il y a, pourtant, pour les profils débutants, des postes à prendre. Et pour tous les niveaux de diplômes. « Nous recrutons des profils très divers. Cela va du BTS en assurance ou en relations commerciales au Master 2 en assurance ou en actuariat, en passant par les licences professionnelles. Nous ne faisons également pas de différence selon les établissements (universités ou écoles) en matière de recrutement », estime Fabienne Leroux, responsable recrutement au sein de BNP Paribas Cardiff. « Pas de différence » officiellement. Toutefois, il reste à noter que les profils commerciaux sont nettement privilégiés.
Du BTS au Master 2
Pour être crédible, voire produire un bon effet auprès des recruteurs, certaines formations sont plébiscitées, comme le détaille Lois Gastavino, directeur senior du secteur Banque / Assurances chez le cabinet de recrutement Page Personnel. « Les BTS Assurance constituent de solides formations pour les métiers de gestion et de commerciaux, que l’on peut poursuivre ensuite par une licence professionnelle, pour viser des postes en sinistre, de conseiller technique ou d’assistance. Ensuite, il y a les Masterq 2. L’Enass et l’Esa, la formation proposée par l’IAE de Lyon, sont les cursus les plus renommés. Ils ouvrent la voie à des postes de gestion de sinistres plus complexes. Pour des postes de commerciaux, le jeune diplômé passera nécessairement par l’étape du guichet, mais il y restera entre 6 mois et 3 ans, en fonction de s’il est titulaire d’un Bac + 5 ou d’un Bac + 2. »
L’alternance
L’apprentissage constitue aussi une excellente porte d’entrée. Le secteur est un gros pourvoyeur en contrat en alternance. 16,6 % des nouveaux entrants ont été embauchés par le biais de ce contrat en 2009, contre 13 % en 2008 et 5,7 % en 2002. A la fin de l’année 2009, 3000 contrats en alternance ont été recensés. Et l’alternance débouche souvent sur un poste. Au sein de Natixis Assurance, sur 61 personnes embauchées l’an dernier, 12 étaient des jeunes diplômés et parmi eux, 3 étaient déjà dans l’entreprise en apprentissage. Cette année sur 37 recrutements, deux concernent des jeunes diplômés, tout deux ayant auparavant suivi un cursus d’apprentissage au sein du groupe.
La niche de l’actuariat
Un bon moyen également de faire son trou dans le secteur est de passer par une formation en actuariat, un métier de niche. Le nombre d’emplois dans le domaine reste modeste, il y a environ 2 000 actuaires en France. Et pourtant, pour se distinguer des concurrents, les assureurs doivent inventer des formules originales et proposer des garanties de plus en plus personnalisées. Un meilleur service et un risque contenu, les actuaires aident à cela. Dans un contexte de demande croissante, il n’est pas toujours aisé d’en trouver. « Nous avons développé un partenariat pour des contrats en alternance avec l’Institut de science financière et d’assurance (Isfa) à Lyon pour les métiers de l’actuariat », indique Fanny Jean, chargée du du développement RH chez Natixis Assurance. Un bon moyen d’assurer ses arrières. Pour ne pas se retrouver fort dépourvu, une fois la transformation des métiers de l’assurance et le papy-boom venus.
Lucile Chevalier
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