

Focus Le gouvernement et les partenaires sociaux ont passé, hier, la matinée, ensemble pour discuter crise et mesures pour sauver l’emploi. Inventaire de ces mesures.
430 millions d’euros seront mis sur la table pour enrayer le chômage. Mais attention, par temps de dettes publiques, il ne s’agit pas de creuser un peu plus le déficit public. Ces 430 millions seront financés par redéploiement. Voilà pour l’aspect comptable. Pour les mesures en soit et leur efficacité, le moins que l’on puisse dire c’est que les avis sont partagés. La plus enthousiaste est Laurence Parisot, présidente du Medef. Elle a qualifié la réunion de « très riche et très diverse ». Bernard Thibault (CGT), à l’inverse, est plutôt sceptique. Pour lui, les mesures annoncées n’auront « pas d’impact sur l’emploi ». François Chérèque (CFDT) est, quant à lui, plutôt « partagé ». Il a évoqué « quelques mesures utiles, même si elles ne vont pas aussi loin que nous le souhaitons ». Voici un inventaire des mesures prises hier.
Faciliter le chômage partiel
Ici le gouvernement s’est fortement inspiré de l’Allemagne qui dès le début de la crise avait joué cette carte pour limiter les licenciements et la hausse de chômage. Deux mesures ont ainsi été annoncées. Un : les délais pour obtenir l’accord d’inspection du travail seront réduits. Ils passent de 20 à 10 jours. Deux : les possibilités de mettre en formation des salariés en chômage partiel seront facilitées. Le coût : 140 millions d’euros. 100 millions pour le chômage partiel en soit : pour chaque heure de chômage partiel, l’Etat contribue à hauteur de 3,84 euros. Et 40 millions pour financer les formations.
Remettre les chômeurs longue durée sur le chemin de l’emploi
« Ceux qui ne connaissent plus d’activité professionnelle depuis au moins 2 ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation », a déclaré hier le chef de l’Etat. Ils sont 239 000 en France. Ici, pas de nouvelle annonce, mais plutôt une redite. En février dernier, Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé sa volonté que tous les chômeurs longue durée seraient reçus dans les 3 mois au Pôle emploi pour se voir proposer soit un job soit une formation qualifiante. Ce qui change, c’est que cette fois l’Etat s’engage à financer à hauteur de 50 millions les 16 000 entrées en formation supplémentaires.
Renforcer les effectifs du Pôle emploi
Pour faire face à l’envolée du chômage et la hausse des dossiers à traiter, le gouvernement a annoncé la création de 1 000 CDD à Pôle emploi. Coût : 100 millions d’euros. Ici encore, il y a redite. En 2009, lors de la précédente crise, 1 500 CDD avaient été recruté, avant d’être remerciés en 2011.
Réduire le chômage des jeunes
Un geste est fait envers les entreprises, du moins les petites entreprises de moins de 10 salariés. Pour toute embauche d’un jeune de moins de 26 ans, elles ne paieront pas de charges. C’est le dispositif « zéro charge ». La méthode avait déjà été mise en place en 2009, puis arrêté en mai 2010. Le dispositif était jugé trop coûteux. Victime de son succès, il a coûté 743 millions d’euros.
Lucile Chevalier
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